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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est le 42ème documentaire que réalise Frederick Wiseman avec le parti pris de ne pas faire d'interviews, de ne pas mettre de voix off et de ne pas rajouter de musique...

Il filme les personnes qui veulent bien être filmées dans leur environnement professionnel et/ou personnel et passe généralement un an pour monter son documentaire...

Il a trouvé intéressant de nous donner à voir Monrovia, une petite ville agricole du Midwest américain qui compte 1400 habitants, dont 76 % ont voté Trump aux dernières élections américaines...

Des salles de classe aux réunions du conseil municipal, du funérarium aux foires agricoles régionales, des salons de coiffure/de tatouage au quotidien des agriculteurs/éleveurs de porcs, des rites des églises locales aux réunions du Lyons ou des francs maçons locaux, Frederick Wiseman nous livre en 9 semaines de tournage une vision à la fois brute et complexe du quotidien de cette Amérique des oubliés, qui d'ailleurs ne s'intéressent pas du tout à ce qui passe en dehors de leur comté...

Je dois avouer que je suis partie au bout d'une heure et demi car si le propos est obligatoirement intéressant, l'absence de parti pris et la répétition des scènes et des situations rend le tout un peu indigeste...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par l'univers de la quincaillerie ouverte par son père Jean (ex militant maoïste de la gauche prolétarienne), Samuel Bigiaoui a commencé à filmer Bricomonge en 2006 et ce jusqu'en 2012, date à laquelle son père lui a confié son désir de vendre le magasin...

Le réalisateur a filmé de façon sporadique et anarchique pour lui, pour les employés, les clients, les amis de passage, pour les souvenirs, pour garder une trace de son terrain de jeu d'enfant puis de façon acharnée quand s'est profilée la fermeture...

Pour comprendre comment son père ex soixante-huitard engagé en est venu à ouvrir cette quincaillerie en plein cœur du quartier latin à l'âge de 40 ans,  pour témoigner aussi de la fin du petit commerce de proximité face aux grandes enseignes !

Architecte et enseignant en mathématiques, Samuel nous livre un petit bijou d'intelligence filmant avec tendresse son père Jean au milieu de son capharnaüm,  les employés tels José le portugais et Zohra l'algérienne qui ont travaillé pendant 30 ans dans le magasin ou encore Mangala, sri-lankais qui a eu ses papiers grâce à Bricomonge, sans oublier les clients hauts en couleur !

Invités au 28 minutes d'Arte, le père taiseux et le fils malicieux m'ont donné envie de voir ce documentaire familial et sociétal...

A mon tour, je vous incite à pousser la porte de la quincaillerie d'autant que le film n'est diffusé que dans deux salles à Paris (5e et 11e arrondissements) 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Audrey Diwan, journaliste et romancière, s'est inspirée d'un fait divers pour écrire son premier film...

Elle nous raconte l'histoire d'un couple heureux qui s'occupe avec amour de leurs deux enfants, dont le destin bascule lorsque l'addiction à la cocaïne du mari est révélé au grand jour à l'occasion de l'hospitalisation d'une de leurs filles...

Roman (formidable Pio Marmaï) est "tombé" dans la drogue en s'y adonnant au départ lors de soirées...

Désormais et depuis des années, il ne peut plus vivre sans mais a réussi à cacher sa dépendance à tout le monde et plus particulièrement à sa femme Camille (Céline Sallette est excellente dans ce rôle de femme amoureuse)... 

Quand la justice prouve que Roman a également contaminé sa femme et ses enfants, Camille refuse de le condamner alors que le faisant, elle pourrait récupérer ses enfants qui ont été confiés à ses parents...

Le scénario "touche" à peine à la drogue mais se concentre sur la relation du couple qui est dessinée par petites touches jusqu'à nous donner l'entièreté du tableau en dévoilant au fil des scènes les faiblesses des deux personnages...

Un film original et sensible à voir pour ses deux interprètes (même si quelques invraisemblances et / ou outrances de l'histoire gâchent un peu notre empathie) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Ma petite entreprise, Pierre Jolivet nous raconte l'histoire d'un duo de jeunes trentenaires de la banlieue lyonnaise dont l'ambition est de monter un salon de coiffure au bout de la rue...

Célia et Victor incarnent des gens "vrais", pas des start'uppers branchés ni des loosers trendy ... et le réalisateur les accompagne avec humour dans leurs difficultés quotidiennes pour trouver de l'argent, décrocher l'accord de la mairie, embaucher leur personnel et convaincre la voisine du dessus de lever son recours...

Incarnés par deux comédiens au talent communicatif : Arthur Dupont et Alice Bélaïdi (qui a crevé l'écran dans la série Hippocrate), nos entrepreneurs amateurs ajoutent une touche de romance à leur parcours de futurs patrons et le scénario fonctionne à merveille !

A leurs côtés les personnages secondaires dont Bruno Bénabar dans le rôle de leur comptable, sont tous excellents...

Pour passer un bon moment de cinéma !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Jonah Hill, dont c'est la première réalisation, nous fait partager le quotidien de jeunes skateurs dans le L.A. des années 90...

S'inspirant de ce qu'il a lui même vécu, même s'il nous affirme que son film n'est pas autobiographique, le scénariste  semble avoir de nombreux points communs  avec le jeune Stevie (incroyable Sunny Suljic dont c'est déjà le quatrième film à 13 ans)...

Stevie a du mal à trouver sa place entre une mère souvent absente et un frère caractériel dont il est le souffre douleur...

Encore enfant mais déjà mature sur beaucoup de points, Stevie va faire "la" rencontre de sa vie lorsqu'une bande de skateurs ados mais nettement plus âgés que lui, le prennent sous leur aile...

A leur contact, et malgré le caractère déjanté de ces 4 pieds nickelés plus ou moins déjà désocialisés, Stevie prend peu à peu confiance en lui mais les rites de passage qu'il adopte ou qu'il s'inflige vont le faire flirter avec la mort...

Tous les personnages du film sont plus complexes qu'ils n'en ont l'air et la palme revient à Ray (formidable Na-kel Smith) qui endosse le rôle de grand frère !

Un film d'initiation passionnant mais  violent, dont on ne sort pas indemne ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Que Dios nos perdone (2016), Rodrigo Sorogoyen nous parle de la corruption généralisée en Espagne...

Manuel Lopez-Vidal (brillantissime Antonio de la Torre), homme politique influent dans sa région, doit entrer à la direction nationale de son parti... mais il est rattrapé par des histoires de corruption qui menacent un de ses plus proches amis...

Caméra à l'épaule, le réalisateur s'attache aux pas de son héros qui se débat dans le collimateur de la justice... éclaboussé à son tour par le système qui se retourne et le lâche !

Manuel Lopez-Vidal redouble de duplicité pour sauver sa peau et n'hésite pas à piéger à son tour ses amis...

C'est à travers son point de vue de politicien trouble que le scénario se déroule et non sous l'angle d'enquêteurs intègres de la police ou de la presse... et c'est ce qui fait toute l'originalité de ce film...

Dans un tourbillon de scènes qui s'enchaînent, les dialogues fusent ponctués par une bande son "métal" pour dénoncer l'absurdité d'une vie politique vidée de son sens, d'un système pervers où les programmes et les doctrines disparaissent au profit de l'intérêt particulier de ces requins hors sol mais surtout sans foi ni loi...

Cerise sur le gâteau, Rodrigo Sorogoyen réussit à rendre sympathique ce personnage qui n'hésite pas à recourir au mensonge mais aussi au chantage pour sauver sa peau !

Une vraie réussite qui laisse bien évidemment un goût amer dans la bouche : tous pourris vraiment ?

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice israélienne Michal Aviad s'est inspirée de l'histoire vraie d'une de ses amies pour nous parler dans son second long métrage du harcèlement sexuel "ordinaire" en entreprise...

Documentariste de formation, elle a rencontré des victimes et des avocates spécialisées pour bien comprendre comment la notion de harcèlement et les lois mêmes qui le pénalisent aujourd'hui avaient évolué à travers le temps...

Orna (formidable Liron Ben Shlush), mère de trois enfants, se doit de travailler pour participer financièrement à l'équilibre du budget familial puisque son mari peine à faire décoller le restaurant qu'il vient d'ouvrir...

Elle est embauchée comme assistante dans une société immobilière qui vend des appartements avec vue mer aux riches juifs de la diaspora...

Au début Orna  se sent encouragée et reconnue par son patron Benny (tout aussi formidable Menashe Noy) qui lui confie de plus en plus de responsabilités, d'autant qu'elle se révèle extrêmement douée dans ce rôle de commerciale polyglotte...

Un baisé volé fait naître son inquiétude qu'elle cache à son mari... mais Benny lui promet de ne plus jamais recommencer...

Une tension sourde naît dans le scénario à partir de ce premier "écart" et le spectateur se surprend à scruter les moindres gestes de ce patron à l'attitude si cordiale et si généreux...

Et c'est là que le film prend toute sa force car les scènes s'étirent pour susciter le malaise à tort ou à raison... jusqu'au moment de bascule qui laisse Orna dans la sidération...

La scène finale que je ne vous raconterai pas, lui permettra de regagner sa liberté en utilisant les mêmes armes que son bourreau !

Michal Aviad décrit avec justesse et précision le sentiment de toute puissance de l'homme face à une femme coincée par sa précarité sociale... Les acteurs sont formidables de naturel et l'histoire ressemble à l'histoire de toutes les femmes qui se sont entendues dire pour toute excuse : "tu me rends fou" !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'ai eu la chance d'aller voir le film en avant première puisqu'il ne sort que le 24 avril

Jérôme Garcin et André Téchiné étaient présents pour nous parler du dernier opus du réalisateur et je dois avouer que ce court échange m'a plus intéressée que le film lui-même !

André Téchiné s'est inspiré du livre de David Thomson "Les français jihadistes", recueil d'entretiens réalisés auprès de jeunes partis en Syrie pour scénariser cette actualité brûlante... et a fait appel à son actrice fétiche Catherine Deneuve pour donner le point de vue d'une personne de sa génération...

Muriel (Catherine Deneuve), gérante d'un centre équestre est ravie d'accueillir son petit fils Alex (Kacey Mottet Klein) avant son départ à Montréal... mais découvre très rapidement qu'il s'est converti à l'islam et  envisage de partir en Syrie, encouragé par sa petite amie Lila (Oulaya Amamra)... et va tout faire pour l'en empêcher !

Sur cette trame un peu faiblarde, le film nous raconte de façon un peu trop démonstrative  les préparatifs du voyage... Les trois acteurs ne sont pas particulièrement "aimables" et les relations qui les lient ne sont pas analysées de façon très fine...

Beaucoup de digressions qui ne mènent à rien, des personnages secondaires un peu inutiles à part Fouad, un repenti (Kamel Labroudi excellent dans le rôle), des longueurs et une fin ridicule !

Donc à éviter sauf si vous êtes un fan inconditionnel de Téchiné !

Sur ce même sujet, j'ai de loin préféré le film Les cowboys avec François Damiens !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je suis très en retard pour ma critique mais je l'écris tout de même car ce film est fascinant...

Fascinant puisqu'il raconte une histoire vraie : celle du procès en appel de Jacques Viguier, accusé du meurtre de son épouse Suzanne...

Fascinant parce que le réalisateur Antoine Rambault introduit en la personne de Nora (formidable Marina Foïs), un personnage de fiction (toutefois inspiré de la nouvelle compagne de l'accusé),  qui est le véritable moteur du film ! 

Aux côtés d'une Nora obsessionnelle dans sa quête de vérité, Olivier Gourmet campe un extraordinaire Eric Dupond-Moretti, tout d'abord distancié puis rapidement complètement impliqué, dans ce procès hors du commun qui replonge l'accusé, ses enfants et les différents témoins dont l'amant de Suzanne, dans une histoire vieille de 10 ans !

Un grand moment de cinéma !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

François Ozon dénonce avec force la pédophilie du père Preynat, dont le procès se tiendra fin 2019... et le silence coupable de la hiérarchie épiscopale...

Trois interprètes magistraux nous font revivre le cauchemar vécu par ces enfants abusés par ce prêtre lyonnais qui "s'occupait" à sa façon des jeunes scouts que leurs parents lui confiaient les yeux fermés...

Lorsque Alexandre (formidable Melvil Poupaud), père de famille nombreuse, quadragénaire et croyant, découvre que le père Preynat continue à être en contact avec de jeunes enfants, il est le premier à se manifester auprès du diocèse de Lyon pour dénoncer les attouchements dont il a été victime trente ans auparavant...

Reçu par le cardinal Barbarin (interprété par François Marthouret), il est écœuré de l'absence totale de sanctions contre le père Preynat et décide de porter l'affaire en justice...

Puis François (tout aussi formidable Denis Ménochet) contacté par la police, entre en scène à son tour et décide de créer une association : La Parole libérée... 

Emmanuel (Swann Arlaud à fleur de peau), le plus jeune et le plus abîmé des trois, rejoint à son tour l'association et finit par accepter de témoigner....

Admirablement construit le film nous raconte le parcours de résilience de ces 3 victimes, en nous faisant vivre leur quotidien et en nous replongeant dans leur passé...

En effet les souvenirs qui remontent avec la parole libérée ont un fort impact sur leurs proches : conjoint, frère, mère ou enfants et nous assignent à notre tour comme témoins impuissants de ces drames individuels et familiaux...

Grâce à Dieu ne juge pas, il témoigne et si sa sortie se télescope avec l'actualité judiciaire, François Ozon revendique l'utilisation exclusive de faits avérés... jusqu'au titre de son film qui reprend la phrase malheureuse employée par le cardinal Barbarin lors d'une conférence de presse...

Un film dossier passionnant, servi par trois acteurs subtils et des personnages secondaires qui habitent complètement leur rôle : Bernard Verley est un père Preynat plus vrai que nature, Josiane Balasko est émouvante dans le rôle de la mère d'Emmanuel, de même qu'Hélène Vincent dans celui de la mère de François !

Après 8 femmes et Dans la maison, François Ozon quitte sa posture ironique pour entrer dans la cour des grands réalisateurs témoins de leur temps !

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