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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur sud coréen Yoon Jong-bin nous raconte l'histoire d'un ancien officier engagé par les services secrets sud coréens (NIS), connu sous le nom de code de Black Venus

En 2h20 qui ne paraissent pas longues tant le scénario est riche , le réalisateur nous plonge dans la guerre froide entre les deux Corées...

Nous sommes en 1993 soit 40 ans après l'armistice qui a engendré la scission entre le Nord et le Sud...

Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire de la Corée du Nord, Black Venus sous les traits d'un riche homme d'affaires réussit à entrer en contact avec le Conseil économique extérieur de la Corée du Nord à Pékin...

Ce faisant, il parvient à infiltrer un groupe de dignitaires nord coréens et à opérer en autonomie complète au coeur du pays le plus secret et le plus dangereux du monde...

Devenu un pion dans de sombres tractations politiques entre les deux Corées, Black Venus décide au risque de sa vie de reprendre son destin en mains, contrecarrant ainsi la stratégie souterraine du NIS qui vise à empêcher tout évolution politique au Sud qui pourrait favoriser le rapprochement entre les deux pays...

Jung-Min Hwang interprète avec finesse et maestria Park (Black Venus) face au  dignitaire nord-coréen Ri (excellent Sung-min Lee) qui cache son humanité sous une froideur toute professionnelle : les deux hommes vont s'apprécier malgré leurs différences et leur amitié sera plus forte que les systèmes représentés au Sud par le directeur du NIS (Jin-woong Jo) et au Nord par le jeune apparatchik et officier de sécurité Jong (fabuleux Ji-hoon Ju)

Tourné en Corée du Sud dans des décors reconstitués , le film ne nous épargne rien de la réalité socio-économique de la Corée du Nord qui fait froid dans le dos...

Un grand film, de beaux personnages, une intrigue brillante et exigeante, du grand cinéma ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

"Les chatouilles" est l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Les chatouilles ou la danse de la colère écrite et interprétée par Andréa Bescond qui jouait tous les rôles...

Dans ce film coup de poing, la réalisatrice nous raconte son enfance traumatisée par un proche et sa reconstruction face à une psychologue bouleversée par la violence du traumatisme subit...

Andréa Bescond interprète Odette adulte et s'est entourée d'un casting formidable pour interpréter les autres personnages : la blonde et gracile Cyrille Mairesse incarne à merveille l'innocence de la jeune danseuse qui plait tant à Gilbert l'ami de ses parents (excellent Pierre Deladonchamps),  Clovis Cornillac est formidable en père aveugle, tendre et impuissant,  Karin Viard campe une mère dure et sévère qui ne sait pas soutenir sa fille car elle-même n'a pas pris le temps de se reconstruire, Carole Franck est fabuleuse en psychologue dépassée par sa patiente, Ariane Ascaride crève l'écran en professeur de danse extravertie sans oublier Grégory Montel, le petit ami digne et respectueux qui réussira à dompter la jeune femme sauvage qu'Odette est devenue...

Un bel exercice pour dénoncer une réalité qui concerne des milliers d'enfants en France avec sans doute, de mon point de vue, un peu trop de place voire de complaisance pour décrire la longue dérive d'addiction d'Odette avant la rédemption !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Gilles Lellouche nous fait partager le quotidien de sept paumés magnifiques qui retrouvent leur dignité en réussissant à s'imposer dans la discipline réputée exclusivement féminine qu'est la natation synchronisée...

Cinq de nos grands acteurs français prêtent leurs corps de quadras/quinquas fatigués à cette jolie histoire de rédemption par la solidarité...

Thierry (excellent Philippe Katerine) est un solitaire inadapté, exploité dans la piscine municipale où il travaille...

En burn out depuis 2 ans, Bertrand (Mathieu Amalric touchant) est soutenu par sa femme Claire (Marina Foïs) mais méprisé par ses enfants...

Marcus (toujours formidable Benoit Poelvoorde), est un petit magouilleur qui plante toutes les entreprises qu'il crée...

Si Laurent (intéressant Guillaume Canet) incarne la réussite professionnelle, sa vie personnelle est un enfer entre un fils en souffrance, une femme qui s'éloigne et une mère malade...

Quant à Simon (Jean Hugues Anglade sensible), il continue à vouloir vivre ses rêves d'adolescent quitte à perdre l'amour de sa femme et de sa fille...

Entraînés par Delphine (Virginie Efira émouvante sans maquillage), une ancienne gloire des bassins puis par Amanda (Leïla Bekhti à contre emploi dans le rôle de la méchante coach), nos pieds nickelés vont réussir à s'affirmer, se réinventer, se dépasser et se coordonner pour gagner ensemble !

Une comédie réussie qui fait réfléchir sur la cruauté du monde d'aujourd'hui qui rejette les gens d'en bas et privilégie la course à la performance... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pawel Pawlikowski a dédié son film à ses parents Zula et Wiktor...

Largement autobiographique, le scénario concentre sur une quinzaine d'années les quarante ans de vie commune (1949-1989) de la chanteuse et du pianiste...

Dès les premières images du film, le réalisateur nous plonge au coeur de la Pologne en noir et blanc de la guerre froide, alors que Wiktor parcourt le pays pour faire revivre le répertoire folklorique de son pays...

Lorsque le musicien raffiné rencontre la sauvageonne Zula, c'est le coup de foudre et le début d'une histoire d'amour impossible des deux côtés du rideau de fer...

Alors que Wiktor choisit l'exil à l'Ouest et  profite d'un récital à Berlin pour continuer à exercer son talent créatif dans les caves parisiennes, Zula, malgré ses promesses, décide de rester en Pologne où sa fraîcheur et son impulsivité font d'elle la reine de la troupe... avant d'épouser un italien pour rejoindre Wiktor...

Le spectateur immergé dans un noir et blanc soyeux suit le couple qui tente de se trouver et se retrouver au hasard des revirements de Zula et des caprices de l'Histoire...

A voir absolument pour les deux acteurs Joanna Kulig (qui crève l'écran) et Thomasz Kot (sobre et subtil) - et l'esthétique de chaque plan que l'oeil a envie de capturer en photos successives...   

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Convaincue par la critique dithyrambique de Télérama, je suis allée voir le dernier film de Pierre Salvadori...

Malgré un casting de qualité et de très bons acteurs, le film hésite entre le polar et le burlesque et ne trouve pas son rythme...

Le scénario improbable nous raconte le tragique destin d'Antoine (Pio Marmaï), incarcéré à tort pour un délit qu'il n'a pas commis...

Quand Antoine sort de prison à l'issue de huit longues années qui l'ont complètement transformé, il fait la connaissance d'Yvonne (Adèle Haenel), qui vient de découvrir que son héros de mari, capitaine de police (Vincent Elbaz) était en fait un flic ripou responsable de l'arrestation d'Antoine...

Malgré les interventions d'Yvonne qui veut "racheter" la vilaine action de feu son mari et malgré l'amour de sa femme Agnès (Audrey Tautou), Antoine enchaîne connerie sur connerie avant de commettre pour de vrai le vol pour lequel il a été injustement puni...

Pierre Salvadori n'est pas Bertrand Blier et son film n'arrive pas à la semelle de Buffet froid !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nadine Labaki a réalisé un film documentaire sur l'extrême pauvreté des enfants des rues à Beyrouth...

S'inspirant de personnages réels, le tournage a duré 6 mois... et nous raconte la vie de Zaïn (12 ans) au sein de sa famille dysfonctionnelle et sa rencontre avec Rahil, une émigrée éthiopienne sans papiers qui essaie de faire vivre Yonas sa petite fille de 1 an...

Les enfants sont craquants, presque trop paradoxalement par rapport au thème misérabiliste du film, mais le scénario orienté et linéaire nous laisse désorientés d'autant que la première scène du procès nous fait savoir dès le départ que tout finira bien pour eux...

Et le message sous-jacent, mais développé par Zaïn lors du procès qu'il intente à ses parents pour l'avoir mis au monde, est extrêmement dérangeant puisqu'il laisse entendre qu'une famille pauvre ne devrait pas avoir autant d'enfants... 

Dans ce film, la réalisatrice a voulu dénoncer l'enfance maltraitée, le sort des travailleurs immigrés et des immigrés clandestins et son engagement lui a valu le prix du jury au dernier festival de Cannes mais le ton qu'elle adopte est trop univoque voire complaisant au regard d'une réalité libanaise certainement plus complexe...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Lukas Dhont jeune réalisateur flamand de 27 ans s'est inspiré de l'histoire vraie d'une ballerine transgenre pour réaliser son premier film qui a été couronné par la Caméra d'Or...

Il a confié le rôle titre du film à Victor Polster, un jeune danseur qui a décroché un prix d'interprétation pour Lara...

Car cette jeune fille de 15 ans qui veut devenir ballerine dans la plus grande école de danse de Bruxelles, est née dans un corps de garçon...

Elle vit avec son père Mathias (Arieh Worthalter très sensible) et son petit frère qu'elle adore...

Elle contraint doublement son corps : Lara enchaîne les répétitions pour exceller dans l'art exigeant de la danse classique et prend un traitement hormonal pour vivre la puberté d'une fille...

Nous la suivons pas à pas et sommes aussi perplexes que son père que son sempiternel optimisme feint ne convainc pas...

Car Lara ne se confie qu'à son miroir... car Lara n'est pas aussi patiente que sa beauté le laisserait supposer...

La question du transgenre est traitée avec délicatesse et réalisme mais le film est long, trop long pour nous émouvoir et nous faire vraiment partager les questionnements de Laura qui n'hésite pas à maltraiter son corps pour qu'il serve ses rêves...

Un film étonnant, un interprète saisissant... mais une impression de malaise subsiste malgré un dernier plan solaire !

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques du Masque et la plume ont complètement raison !

Le film de Philippe Faucon est à la fois formidable dans la fine description de la vie de ces travailleurs africains et maghrébins qui viennent travailler en France pour faire vivre leurs familles restées au pays - et en même temps étrangement faible dans le récit de l'idylle qui se noue entre Gabrielle (Emmanuelle Devos), infirmière divorcée et Amin (Moustapha Mbengue), travailleur sénégalais...

Les acteurs français et africains sont tous excellents mais le scénario pêche par trop d'effets attendus et de scènes déjà vues dans d'autres films dénonçant l'exploitation de la main d'oeuvre étrangère... 

Les scènes les plus intéressantes d'Amin se passent au Sénégal quand le réalisateur nous décrit la vie d'Aïcha (lumineuse Marème N'Diaye), l'épouse d'Amin et de ses trois enfants dans leur environnement familial qui tous rêvent de venir en France !

J'avoue avoir nettement préféré Fatima dont le scénario était beaucoup plus construit !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guillaume Senez s'est inspiré de son expérience personnelle pour écrire son deuxième long métrage...

Il nous raconte l'histoire d'Olivier (Romain Duris formidable de naturel), un père de famille, contremaître dans un entrepôt style Amazon, que sa femme abandonne du jour au lendemain sans explication...

Très engagé sur le plan syndical, Olivier peine à concilier l'éducation de ses deux jeunes enfants et son activité professionnelle où le moindre écart ou la faiblesse physique sont immédiatement sanctionnés par les ressources humaines à la botte des patrons...

Cette jolie fable sociale montre l'importance des liens familiaux et de la solidarité professionnelle pour faire face aux accidents de la vie...

Quelques très beaux personnages tels Claire la syndicaliste (Laure Calamy excellente), Betty (sensible Laetitia Dosch) la soeur d'Olivier ou encore Elliot le fils d'Olivier finement interprété par Basile Grunberger un jeune garçon de 9 ans dont c'est le premier rôle au cinéma, des dialogues très "vrais"... autant d'ingrédients pour faire de Nos batailles  un film à la fois actuel et intemporel !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Impossible de ne pas penser au beau film Captain Fantastic dont le thème était très proche...

Debra Granik nous raconte l'histoire d'une relation fusionnelle entre Tom, une fille de 15 ans (merveilleuse Thomasin Harcourt McKenzie) et  son père Will (Ben Foster univoque) qui vivent en marge de la société dans un parc national proche de la ville de Portland, Oregon...

Will qui veut échapper au stress post-traumatique de son passé de soldat engagé  au Vietnam, a entraîné sa fille dans son rêve un peu fou de vie clandestine au contact de la nature...

Mais un jour ils sont repérés et chassés de leur Eden.. Les service sociaux leur proposent un toit, une vie normale...

La seconde partie du film est assez fascinante et se vit dans le regard de Tom qui découvre une communauté humaine qui lui permet de s'épanouir autrement que dans la relation exclusive qu'elle a connu jusqu'alors...

Adapté d'un roman qui fut tiré d'une histoire vraie, le film est émouvant mais un peu trop long et démonstratif dans sa première partie...

J'ai nettement préféré Captain Fantastic qui offrait toute une palette de réactions face au retour à la civilisation !

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