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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Adam McKay, passionné par la personnalité de Dick Cheney, nous raconte l'ascension patiente mais vertigineuse de ce jeune homme médiocre du Wyoming, qui grâce à son épouse Lynne Vincent, jeune femme au tempérament affirmé, a réussi à se hisser jusqu'à  la fonction de vice-président de George W Bush entre 2001 et 2009...

Voir ces deux alcooliques tenir entre leurs mains l'avenir de leur pays et l'équilibre des forces entre les puissances occidentales et le Moyen Orient est effrayant et glaçant...

Car coaché par sa femme et mentoré par Donald Rumsfeld, l'élève Dick se révèle manipulateur, diabolique et résolument cynique : il n'a cure que son ascension se soit faite au prix de la mort de 4 800 militaires de la coalition et de 461 000 irakiens !

Les acteurs sont tous très crédibles et plus particulièrement Christian Bale qui est époustouflant dans un rôle de composition...

Seul m'a gênée le parti pris distancié du réalisateur qui choisit d'entremêler la reconstitution de la vie de Dick Cheney tant sur le plan personnel que professionnel entre 21 et 70 ans, avec les commentaires d'un personnage qui dénonce en voix off les turpitudes du personnage et les images d'archive...

Un peu trop long (plus de 2 heures), le film perd en puissance ce qu'il aurait pu gagner en force de frappe s'il avait été "focusé" sur une dénonciation linéaire et implacable du pouvoir nuisible de cette frange de la droite politique américaine qui préfigure l'avènement de  Donald Trump !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour surveiller Ludo son amant qui l'a quittée, Claire un professeur de français de 50 ans, crée un avatar sur Facebook et devient Clara, une ravissante jeune femme de 24 ans...

Contactée par Alex le coloc de de son ex, Claire se prend au jeu de la séduction virtuelle...

Le réalisateur Safy Nebbou s'est inspiré d'une mésaventure qu'il a lui-même vécue avec une femme se faisant passer pour plus jeune qu'elle n'était, pour nous raconter cette histoire d'amour via les réseaux sociaux...

Car les deux héros interprétés avec beaucoup de talent par Juliette Binoche (magnifique dans ce rôle) et François Civil vont tomber dans le piège créé par Claire et tomber éperdument amoureux l'un de l'autre...

Le film parle de la détresse des femmes de 50 ans réduites à des subterfuges pour continuer à être désirées mais aussi de la fragilité des hommes face à l'amour qui se dérobe et c'est en cela qu'il est passionnant...

Le troisième personnage du film est la thérapeute de Claire, interprétée avec finesse par Nicole Garcia qui quitte peu à peu son attitude distanciée pour devenir la confidente de cette femme qui lui fait face comme un double...

Admirablement construit, le film nous tient en haleine jusqu'à la fin ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Couple à la ville comme derrière la caméra, la réalisatrice turque Cagla Zenzirci et le réalisateur français Guillaume Giovanetti se sont inspirés d'un paragraphe découvert dans un livre de 2000 pages "Les langages de l'humanité" mentionnant l'existence d'un petit village au nord-est de la Turquie où les habitants parlent une langue sifflée...

Fascinés, les deux cinéastes se sont rendus sur place à Kusköy pour rencontrer les villageois et vivre leur vie, accueillis par le maire qui les a logés chez lui...

Le personnage de Sibel, l'héroïne du film, est une création de fiction nourrie par plusieurs rencontres dont celle d'une jeune femme muette qui réussissait à se faire comprendre dans la langue sifflée...

Dans Sibel, on parle de la place des femmes dans la société turque, on parle également de la difficulté d'être un homme partagé entre les traditions et son amour pour ses filles, on parle de rébellion pour échapper à son destin et ce aussi bien pour les femmes que pour les hommes dont certains refusent de faire leur service militaire et surtout on parle du loup, animal mythe puissant qui peuple la forêt de cette vallée proche de la mer...

Le spectateur fasciné ne quitte pas des yeux Sibel (troublante Damla Sônmez), jeune femme de 25 ans aux yeux verts et au visage fier, tour à tour "parfaite" maîtresse de maison auprès de son père et créature farouche qui traque le loup fusil à la main, pour compenser son handicap et trouver sa place dans la communauté villageoise...

Une expérience hors du commun !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Jia Zhang-Ke s'est inspiré d'une héroïne de la pègre des années 30-40 pour écrire son scénario...

Le film débute par une scène très sèche où Bin (impressionnant Liao Fan), chef de la pègre de Datong, fait avouer une faute à l'un de ses lieutenants, l'humiliant devant tous...

Sa compagne Qiao (formidable Zhao Tao), elle-même fille de mineur,  également sur les lieux, se fait respecter de tous les hommes par sa brutale autorité...

Nous sommes en 2001 lorsque la Chine s'éveille à l'Ouest et que les jeunes gens tentent d'oublier leur quotidien en dansant des nuits entières dans des discothèques...

Lorsque Bin se fait attaquer par une bande rivale, Qiao n'hésite pas à s'interposer en tirant en l'air pour faire fuir les agresseurs de son amant...

Arrêtée par la police, elle sera incarcérée durant 5 ans à l'issue desquels elle prendra le train et fera 7700 kilomètres à travers une Chine à chantiers ouverts, pour aller rejoindre Bin qui la reçoit très froidement : Bin qui a une nouvelle compagne a tourné le dos à la pègre pour tenter de trouver sa place dans le capitalisme sauvage...

Ecoeurée par cette double infidélité alors qu'elle s'est sacrifiée pour lui, Qiao repart à Datong pour régner en patronne sur la pègre locale...

Et quand dix ans plus tard Bin réapparaît pour lui demander de l'aide, Qiao femme courage oublie ses griefs pour à nouveau lui tendre la main...

Jia Zhang-Ke filme son épouse et muse au plus près de ses émotions, nous livrant un beau personnage de femme qui s'inscrit dans la lignée de ses précédents films...

Mais contrairement à son dernier opus Au-delà des montagnes, son propos est si noir et si teinté de violence qu'il occulte presque la force de l'histoire...

A voir bien évidemment pour Zhao Tao et pour l'aspect documentaire du film qui illustre les années d'agitation sociale qu'a connu la Chine entre 2001 et nos jours !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Barry Jenkins, le réalisateur de Moonlight, adapte le roman de James Baldwin paru en 1974 pour nous faire partager l'histoire d'amour contrariée de deux jeunes afro-américains dans le Harlem des années 70...

Tish (délicieuse Kiki Layne) et Fonny (Stephan James très émouvant) se connaissent depuis l'enfance et s'aiment...

Accusé à tort d'un viol qu'il n'a pas commis, Fonny est incarcéré...

Tish découvre qu'elle est enceinte et décide, avec l'aide de sa famille, de tout faire pour le sortir de prison...

Alternant les flash backs qui nous racontent peu à peu la genèse de l'accusation et les longs plans séquences qui nous associent à la naissance de leur amour, le film dénonce le racisme ordinaire, fondement quotidien du destin des noirs américains d'hier et d'aujourd'hui...

L'enfant qui naît incarne l'espoir des minorités opprimées qui envers et contre tout, restent dignes face à l'adversité...

Un beau film qui manque peut-être d'un peu de tension pour égaler In mood for love !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est le premier long métrage solo de Peter Farelly qui s'est inspiré d'une histoire vraie d'une amitié de 50 ans entre un jazzman noir et son chauffeur blanc... 

Il a fait appel à Nick Vallelonga, fils aîné de Tony Lip héros du film, pour écrire le scénario et a confié des rôles de mafieux à des amis de la famille Vallelonga pour accentuer la véracité du récit...

Le film démarre à Manhattan en 1962 dans la célèbre boîte de nuit Copacabana fréquentée par la mafia et des célébrités telles que Franck Sinatra...

Viggo Mortensen qui a pris 20 kg pour le rôle de Tony Vallelonga (surnommé Lip pour sa gouaille), interprète un videur italo-américain natif du Bronx qui se retrouve au chômage suite à l'incendie du Copa...

Grâce à ses relations, il est embauché par Don Shirley (Mahershala Ali impressionnant de justesse), un pianiste noir virtuose qui, malgré la ségrégation féroce qui sévit à l'époque, a décidé de faire une tournée de deux mois sur les routes du sud...

Tony, au volant de la Chevy tchatche comme à son habitude, la bouche pleine d'hamburger ou de poulet frit qu'il engloutit à pleines mains... quand il n'enchaîne pas les cigarettes qu'il n'abandonne qu'à regret pour complaire à son patron à l'élocution parfaite et à la tenue irréprochable...

Au début du film tout oppose les deux hommes dans ce rapport inversé entre le blanc "brut de fonderie" et le noir éduqué et mélomane mais la route va bien évidemment les rapprocher au hasard des difficultés qu'ils rencontrent, dues au nécessaire respect du Green Book (guide de voyage qui signalait les établissements réservés aux noirs !)  

Si le réalisateur appuie le trait et multiplie les anecdotes, le film prend pourtant au fil des étapes, toute sa dimension politique et fait écho aux violences policières dont les noirs sont encore aujourd'hui les victimes !

Les personnages "secondaires" comme Dolorès la femme de Tony (délicieuse Linda Cardellini) et les musiciens du trio de Don Shirley sont excellents, la musique est fabuleuse et la fin réellement très savoureuse !

Un film à voir pour toutes les raisons développées plus haut mais également pour son humour et son ode à la tolérance !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Ludovic Bernard n'a pas été salué par la critique et sa distribution se fait rare mais les salles sont pleines !

Le réalisateur a imaginé cette histoire en se demandant comment un jeune homme inconnu pouvait jouer aussi  merveilleusement du piano dans une gare...

Il a transposé la scène à la gare du Nord où Mathieu Malinski (Jules Benchetrit fiévreux et inspiré), un petit loubard de banlieue  se fait plaisir en interprétant de la musique classique à la barbe des flics qui le recherchent...

Repéré par Pierre Geitner le directeur du conservatoire national de musique (interprété avec classe et talent par Lambert Wilson), Mathieu refuse de l'écouter mais finit par accepter de mauvaise grâce sa carte de visite...

Lorsque Mathieu se fait choper par la police lors d'un énième cambriolage qui a mal tourné, il appelle Pierre qui le fait libérer et réussit à le faire inscrire dans un programme d'intérêt général, au conservatoire de Courbevoie !

Le scénario très "feel good movie" mêle ensuite le destin de trois personnages autour de Mathieu : Pierre dont l'obsession sera de présenter Mathieu au concours national de piano, la comtesse (formidable Kristin Scott Thomas), chargée par Pierre de donner des leçons de piano au prodige à l'oreille absolue et Anna (lumineuse Karidja Touri), une jeune musicienne racée dont Mathieu va tomber éperdument amoureux...

La musique occupe la première place dans le film d'autant que Jules Benchetrit (fils de Marie Trintignant) est parfaitement crédible dans le rôle alors qu'il n'est pas pianiste de formation... et Rachmaninov, que Mathieu répète pour son concours, habille à merveille la Seine Musicale et la salle Gaveau...

Un film à  voir pour les valeurs véhiculées par les acteurs : sens de l'effort, audace, transmission et tolérance !

  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Issu d'une famille de médecins, David Roux réalise son premier long métrage avec un casting très réussi...

Jérémie Renier est tout simplement formidable dans le rôle de Simon, un pneumologue expérimenté en soins intensifs qui voit ses certitudes bouleversées par la récidive du cancer de sa mère...

Le réalisateur s'est inspiré de son histoire personnelle pour nous immerger dans le monde hospitalier puisque son frère aîné est lui-même pneumologue et puisqu'il a  été récemment confronté à la maladie et à la mort de sa mère...

La vie de Simon se passe dans cet univers aseptisé et secret avec ses sous sols où l'on peut se réfugier et/ou se perdre, mais ce que nous raconte David Roux c'est surtout une belle histoire de famille entre la mère (magnifique Marthe Keller), le père (Alain Libolt très touchant), la sœur (délicieuse Maud Wyler) et le frère...

Sans oublier l'histoire de la vie propre à l'établissement entre les médecins, le personnel soignant et les internes dont la jeune Mathilde (Zita Hanrot très naturelle), qui devient peu à peu le pivot du film...

En voulant sauver sa mère, Simon prend enfin le temps de se pencher sur son enfance et de tenter de se construire son propre futur...

Une réflexion très actuelle sur la transmission, les émotions et les valeurs !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce film, Clint Eastwood s'est inspiré de la vie d'Earl Stone, mule vedette à plus de 90 ans du cartel mexicain Sinaloa !

Il interprète avec truculence ce personnage de papy qui réussit à déjouer toutes les polices lancées aux trousses du cartel et de ses mules...

Earl Stone est un horticulteur qui a vécu toute sa vie pour sa passion jusqu'à y sacrifier sa femme et sa fille Iris (interprétée par Alison Eastwood sa propre fille)...

Lorsque l'explosion des ventes sur internet le contraint à déposer le bilan, le vieux monsieur se retrouve avec ses cartons au volant de son vieux van et sans ressources... 

Il accepte de faire le chauffeur pour transporter une cargaison illicite, dont au début il ignore ou feint d'ignorer la nature...

Passeur de drogue idéal étant donné son âge, Earl va bientôt devenir la mascotte du cartel et amasser suffisamment d'argent pour remplacer son van, racheter sa maison, subventionner le club de vétérans obligé de mettre la clé sous la porte suite à un sinistre, financer les études de sa petite fille...

Earl sillonne l'Amérique profonde au volant de son van, chantant à tue tête les ballades jazzy et les mélodies country qui l'enchantent et nous enchantent...

Nous suivons avec curiosité l'acteur Clint qui se régale dans ce rôle de composition et en profite pour régler ses regrets personnels de ne pas avoir été ni bon père ni bon mari, à travers de très jolies scènes avec son ex femme, sa fille et sa petite fille...

Bradley Cooper campe avec talent un agent de la DEA chargé de démanteler le cartel et le duo des deux acteurs se traduit également par de jolis échanges sur le sens de la vie...

Un beau film à voir pour Clint, la musique, les paysages et les personnages tant principaux que secondaires qui jouent tous leur partition dans cette histoire de réconciliation !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage de Lucas Bernard est bien écrit, enlevé, primesautier et nous fait sourire !

Sourire parce que les acteurs sont excellents et semblent beaucoup s'amuser...

Sourire parce que le scénario qui ne connaît pas la ligne droite  nous entraîne sur les toits de Paris où se déroule une grande partie de l'action...

Car Bertrand (délicieux Swann Arlaud), est un voleur de tableaux presque aussi séduisant qu'Arsène Lupin qui nargue le commissaire Beffrois (Charles Berling très cool dans des chemises improbables), un flic proche de la retraite qui ne demande qu'à être séduit...

Justine (formidable Jennifer Decker), une jeune restauratrice de tableaux au tempérament fougueux fera le go-between entre les deux hommes !

Un film à voir pour le plaisir si vous arrivez à le dénicher car la programmation a été très cruelle !

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