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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1969 Costa-Gavras dénonçait la dictature des colonels dans Z...

Aujourd'hui il met en images le livre de Yanis Varoufakis : Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l'Europe...

Nous sommes en 2015 au lendemain de la victoire de Syriza : Alexis Tsipras (Alexandros Bourdoumis) et son ministre des finances Yanis Varoufakis (Christos Loulis fabuleux !) tentent de renégocier auprès de l'Eurogroupe des ministres des finances européens et la redoutable "troïka" des fonctionnaires de la BCE, de la Commission européenne et du FMI - des échéances raisonnables et la restructuration de la dette colossale de la Grèce...

Pour plus de véracité, le réalisateur a choisi de prendre des acteurs de la nationalité des protagonistes plutôt que des vedettes bankable et de déplacer sa caméra dans les différentes villes où se sont tenues les négociations...

Nous assistons bouche bée aux jeux de pouvoir et d'influence entre tous ces hommes cravatés en costumes gris parmi lesquels seule Christine Lagarde (Josiane Pinson) impose un ton différent...

Car au delà de l'aspect documentaire, le film est un véritable thriller qui démonte les rouages de la mise à mort orchestrée d'un homme et de son peuple : derrière les portes fermées des cabinets, tous les coups sont permis y compris la manipulation... et la rigueur de l'Allemagne représentée par un inflexible Wolfgang Schäuble (Ulrich Tukur) fait froid dans le dos...

La bande annonce m'avait fait hésiter à voir le film, j'en suis ressortie enthousiaste !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pietro Marcello adapte le roman éponyme de Jack London en le transposant de la Californie à Naples, ville portuaire de tous les brassages...

Il nous conte l'histoire de Martin, un matelot qui, par amour pour Elena, une ravissante grande bourgeoise, décide de combler ses lacunes scolaires en lisant toute la philosophie et la poésie qu'il arrive à se procurer... pour, dit-il, devenir écrivain...

Martin est interprété par Luca Marinelli, un acteur fabuleux qui crève l'écran de sa silhouette à la fois virile et déliée : le rôle lui a valu le Prix du meilleur acteur à la Mostra de Venise de 2019 contre Joaquin Phoenix dans Joker !

Quant à Elena, la belle étudiante aux cheveux dorés, elle est interprétée par Jessica Cressy, qui lui prête sa délicatesse et sa liberté de ton dans une Italie du Sud corsetée par les luttes de classe...

Nous suivons avec passion l'ascension du jeune Martin Eden qui sait rallier toutes les sympathies masculines et féminines autour de lui tel Russ Brissenden le poète maudit ou Maria, la jeune veuve qui, bien que très pauvre, lui ouvre les portes de sa maison, le nourrit et le soigne quand il tombe malade...

Séduite par la fougue créatrice de Martin, Elena doit très vite composer entre son amour naissant et le rejet de ses parents qui voient d'un mauvais œil le prolétaire autodidacte qui profère des idées transgressives...

Le film nous plonge dans les combats de l'époque : le socialisme, la petite entreprise... et se nourrit d'images d'archive tremblées qui nous rendent l'intrigue encore plus vivante...

La fresque passionnante se poursuit jusque dans les années 80 où Martin Eden victime de son succès, ne désire plus !

A voir avant que le film ne disparaisse des écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après avoir réalisé un court métrage du même nom en 2017, oeuvre qui a été récompensée par le César du meilleur court métrage en 2018, Ladj Ly nous offre dans ce film une fresque non manichéenne de la vie dans la cité des Bosquets à  Montfermeil qui l'a vu grandir...

Au lendemain de la victoire des Bleus à la Coupe de Monde de foot censée avoir apaisé les esprits, il nous immerge dans la France métissée aux portes de Paris où cohabitent différents groupes  (Maliens, Gitans, musulmans radicaux, faux repentis, bande des "microbes"...), tous surveillés par la BAC (Brigade Anti-Criminalité)...

Émaillé par de petits incidents, le quotidien de ces policiers de terrain : Chris (Alexis Manenti glaçant en beauf raciste), Gwada (excellent Djebril Zonga) et Stéphane le nouveau venu (Damien Bonnard fascinant dans un rôle complexe de gentil flic), va soudainement basculer dans la tension lorsqu'un enfant de la bande s'empare d'un lionceau appartenant aux Gitans.... C'est une histoire véridique !

Le réalisateur confie à son fils le drone avec lequel il a lui-même surveillé les policiers de sa cité durant 5 ans jusqu'à réussir à filmer La bavure...

Le spectateur assiste impuissant à la montée de la violence qui n'épargne personne, dans ce monde abandonné des politiques et livré aux expédients, à la drogue et à l'islamisme !

Un film pour informer, pour témoigner, pour alerter sans prendre parti !

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fabienne Berthaud s'est inspiré du livre de Corine Sombrun : Mon initiation chez les Chamanes pour écrire son film...

Conseillée par Corine Sombrun et accompagnée d'une traductrice présente dans le film, la réalisatrice a emmené toute l'équipe de tournage dans la steppe mongole où vivent les Tsaatans, peuple nomade éleveur de rennes, région totalement inaccessible par la route, sans eau courante ni électricité ou connexion internet... mais magnifique !

C'est Cécile de France qui joue le rôle de Corine : complètement dévastée par le décès de son mari Paul, elle accepte de faire un reportage sur les "spiritualités" en Mongolie...

Transportée par le rituel, Corine entre en transe... mais a du mal à accepter la révélation : elle serait elle-même une chamane ?

A peine rentrée en France, elle repart toutefois en Mongolie pour être initiée et surtout revoir son mari...

Cécile de France est crédible lorsqu'elle pleure son mari mais on a du mal à la suivre dans ses aventures chamaniques qui semblent complètement caricaturales...

Quant à Ludivine Sagnier qui joue sa sœur, elle n'est pas gâtée par le rôle d'opposante systématique qui lui est dévolu...

A éviter donc sauf si vous aimez la Mongolie et sa faune sauvage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur James Mangold nous raconte deux histoires qui se nourrissent l'une l'autre : celle de la rivalité entre Ferrari et Ford et celle de l'amitié entre deux hommes : Carroll Shelby (Matt Damon parfait) et Ken Miles (Christian Bale formidable)... 

A l'aube des années 60, Ford vend des voitures mais ne fait pas rêver... 

Son orgueilleux patron Henri Ford II envisage de racheter Ferrari mais échoue... Piqué au vif, il lance ses équipes dans un pari fou : concevoir de A à Z et en un temps record une voiture susceptible de leur faire gagner la mythique course des 24H du Mans...

Pour chapeauter le projet, Henri Ford et son directeur marketing Ian Iacocca (Jon Bernthal excellent) font appel à Carroll Shelby, ancien vainqueur de l'épreuve reconverti dans la construction de bolides pour des clients fortunés... Shelby va, avec grande difficulté,  réussir à imposer à l'équipe Ford de travailler avec Ken Miles, as du volant et mécano de génie...

Plongé dans des décors réels avec des voitures d'époque ou des répliques authentiques, le spectateur suit avec passion le suspens industriel, le récit haut en couleurs du nécessaire rapprochement entre les cols blancs et de ceux qui ont les mains dans le cambouis et se retrouve régulièrement aux commandes, scotché par l'effet de vitesse ressenti dans les bolides conduits par ces fous du volant à 300 km/h...

Des portraits d'hommes fascinants, un rôle de femme magnifique en la personne de Mollie (fabuleuse Caitriona Balfe) épouse de Ken Miles et une compétition reconstituée dans ses moindres détails : les 24H du Mans en 1966 !

Ford va gagner, c'est un film américain mais c'est également la réalité historique !

Palpitant !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une très jolie surprise en ce mois de novembre gris et hivernal : une comédie française intelligente portée par des acteurs tous plus épatants les uns que les autres !

Nicolas Bedos nous raconte l'histoire de Victor (Daniel Auteuil parfait dans le rôle), dessinateur au chômage et vieux mari délaissé par Marianne sa femme (Fanny Ardant pétillante)...

Nostalgique des années 70, Victor n'aime pas son époque et refuse tous les outils modernes de communication au grand dam de Marianne qui lui préfère François son ex associé (Denis Podalydès désopilant) et finit par le mettre à la porte de leur appartement...

Désemparé son fils François (Michaël Cohen sobre et touchant à la fois), lui offre un voyage dans l'époque de son choix, organisé par un de ses amis d'enfance Maxime (Guillaume Canet parfaitement à l'aise dans ce rôle de metteur en scène cynique et d'amoureux tyrannique)...

Victor choisit sans hésiter le jour où il a rencontré sa femme Marianne en 1974 !

C'est là que le film se met en place avec l'arrivée de Margot (délicieuse Dora Tillier), jeune comédienne qui interprétera le rôle de Marianne jeune... et par ailleurs amante de Maxime...

Alternant nostalgie et ironie, scènes d'aujourd'hui et scènes des années 70 dans une reconstitution aussi fidèle que délicieusement "clichés" , le film gagne en profondeur au fur et à mesure que les personnages prennent conscience de leurs vrais désirs...

Quelques scènes hilarantes dont la "partouze" et les ronflements de l'amant tombé de son piédestal, des personnages secondaires extrêmement bien campés (et plus particulièrement le photographe et la scripte de l'équipe de tournage), un invité surprise en la personne de Pierre Arditi qui nous émeut, un magnifique couple Ardant/Auteuil...

Une seule petite déception : le couple Tillier/Canet trop caricatural dans leurs relations volcaniques pour vraiment nous convaincre !

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Roman Polanski (86 ans) nous replonge dans la plus grande erreur judiciaire de la fin du XIXe siècle, la fameuse affaire Dreyfus qui déchira les familles françaises durant 12 ans... 

Le scénario du film est signé Robert Harris, journaliste britannique de télévision et de presse écrite qui s'est fait un nom en écrivant des romans historiques... tout comme l'était celui de Ghost Writer (très grand succès du réalisateur en 2010)...

Pour nous faire vivre "l'Affaire" à Paris et non depuis l'île du Diable, Roman Polanski et Robert Harris ont décidé de la présenter du point de vue de Georges Picquart, un lieutenant-colonel antisémite qui a paradoxalement et largement contribué à innocenter Alfred Dreyfus...

Le film tourné en français démarre dans la sinistre cour de l'Ecole Militaire le 5 janvier 1895 lorsque Dreyfus, condamné pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi, est dégradé sous les cris de la foule haineuse qui se presse aux grilles...

Et le ton est donné... Tout est sombre dans le film : les bureaux, les prétoires, les appartements... tout est confiné et sent la poussière... seuls rutilent les uniformes aux pantalons garance...

Durant 2h13, nous suivons avec passion l'enquête menée par Picquart depuis son arrivée à la tête du "Bureau des Statistiques", autrement dit le service du renseignement français jusqu'au fameux "J'accuse" d'Emile Zola qui précipitera le deuxième procès puis la réhabilitation du capitaine juif...

Interprété par une brochette d'acteurs tous plus excellents les uns que les autres : Jean Dujardin incarne avec sobriété le personnage complexe de Picquart, Louis Garrel est marmoréen dans les habits de Dreyfus, Grégory Gadebois est formidable comme à son habitude dans la peau de Hubert Henry, officier subalterne qui fabriqua des fausses preuves contre Dreyfus à la demande de sa hiérarchie, Mathieu Amalric campe un Bertillon plus vrai que nature, Vincent Perez est parfait en Me Leblois, l'avocat ami de Picquart, Didier Sandre excelle dans l'uniforme du général de Boisdeffre, Melvil Poupaud est magnifique dans la robe de Me Labori qui défendit Dreyfus... le film dénonce la chasse aux sorcières à l'encontre d'une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignement qui échappent à tout contrôle, les dissimulations gouvernementales et la presse tabloïd...

Le 64ème film de Polanski est tout à la fois le récit d'un passé peu glorieux pour la France et son armée et une mise en garde contre un possible bégaiement de l'Histoire ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur letton Juris Kursietis nous raconte l'histoire d'Oleg (formidable Valentin Novopolskij), garçon boucher qui quitte son pays pour travailler sans contrat dans une "usine de viande" à Bruxelles...

Bien intégré dans l'équipe, Oleg vit chichement mais semble satisfait de son quotidien qui lui permet d'avoir un salaire décent et des compagnons d'infortune...

Trahi par un de ses collègues, il est viré sur le champ et se retrouve la proie d'Andrzej, un polonais mafieux qui l'exploite en contrepartie du vivre et du couvert...

Oleg est rattrapé par le destin de l'Agneau de Dieu, parabole que lui racontait sa grand mère en lui promettant un avenir salvateur...

Tentant d'échapper à son bourreau, il s'enfuit à Gant pour admirer le fameux Agneau mystique peint par les frères Van Eyck puis, n'arrivant pas à trouver sa place au sein d'une quelconque communauté (Andrzej lui a déchiré son passeport letton et il ne parle pas polonais alors que c'est la nationalité portée sur son nouveau passeport), il retourne à Bruxelles où l'attendent d'autres épreuves...

Inspiré d'une histoire vraie, le film "coup de poing" fait froid dans le dos et nous interroge sur la capacité d'accueil de nos belles démocraties !

A voir un jour où vous avez le moral ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'attendais un regard neuf sur la Cosa nostra de la part du grand réalisateur Marco Bellocchio (79 ans)...

Certes il nous raconte l'incroyable destin de Tomaso Bruscetta, l'un des premiers "repentis" de la mafia - mais parallèlement il ne nous épargne aucun incontournable du thème cinématographique autour de la mafia : les scènes de famille, les mariages, les trahisons, les meurtres... 

Le personnage est fascinant, l'acteur qui l'incarne est fabuleux (Pierfrancesco Favino), les échanges entre Bruscetta et le juge Falcone fascinants d'intelligence mais le film est plombé par sa longueur, les nombreux flash backs et scènes rêvées... et surtout les grandiloquentes scènes du procès fleuve qui ressemble à un cirque ou à un zoo plus qu'à un véritable jugement de la "Pieuvre"...

Dommage, dommage... 

Le film aurait mérité d'être resserré autour de son héros dont l'étude de caractère aurait amplement suffi à nourrir le scénario !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Xavier Dolan a choisi le Québec pour tourner son 8ème long métrage...

Il nous parle d'amitié, d'une bande de copains qui se réunit pour boire, fumer et jouer à des jeux de mimes...

Les six trentenaires sont obligés de supporter la jeune sœur déjantée de l'un d'entre eux qui décide de tourner un court métrage amateur et leur demande de pallier l'absence de ses amis acteurs...

Matthias (Gabriel D'Almeida Freitas) et Maxime (Xavier Dolan) se voient contraints de tourner une scène de baiser qui va les plonger dans un trouble équivoque...

Hélas tout est tellement téléphoné que l'on n'arrive pas à s'intéresser à l'histoire de ces deux-là...

Matthias perd tout intérêt à son boulot et s'éloigne de sa femme...

Maxime se débat avec sa mère (incarnée par la fidèle Anne Dorval) qui est borderline et martyrise son fils... Il prépare son départ pour la Nouvelle Zélande où il a décidé de trouver un job de barman...

Rien ne nous est épargné, ni les disputes entre le fils et la mère, ni la coutumière scène de vomissement dans les toilettes, ni le pelotage dans une pièce fermée à clé où Matthias et Maxime succombent à leur attirance...

On ressort du film mal à l'aise, consternés une fois de plus par les éternels atermoiements de cette classe d'âge qui n'en finit plus de reculer devant l'âge adulte !

Les acteurs jouent bien mais ils ne sont ni sympathiques ni attendrissants...

Enfin heureusement qu'il y a des sous titres car le québécois mêlé d'anglais baragouiné est le plus souvent incompréhensible !

A voir si vous aimez Xavier Dolan ?

 

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