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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Oriana Fallaci" ou le courage de dénoncer

Le réalisateur Marco Turco nous conte en un brillant biopic le destin de cette journaliste italienne hors du commun qui dénonça dès les années 60 toutes les dictatures religieuses (la situation des femmes dans le monde musulman...) et politiques (la Grèce des colonels, la guerre du Vietnam, l'obscurantisme de l'ayatollah Khomeini...)...

La belle Vittoria Puccini incarne avec brio la pasionaria du micro et de la machine à écrire qui n'hésita pas à payer de sa personne en allant sur le terrain à Saïgon et à Athènes...

Le film nous fait voyager au rythme de ses reportages au long cours, qu'elle raconte à Lisa, une apprentie journaliste (ravissante Francesca Agostini) venue l'aider pour rassembler sa documentation...

Oriana Fallaci est une femme libre, moderne, courageuse et indomptable... elle aime avec passion mais hésite toujours à s'engager durablement car la maternité lui fait envie et peur à la fois (elle n'aura pas d'enfant)...

Les hommes tels le journaliste français François Pelou (séduisant Stéphane Freiss) et l'opposant grec Alexandros Panagoulis (intense Vinicio Marchioni) tombent sous le charme de son engagement charismatique mais la raison ou la mort mettront fin à ses belles histoires d'amour sans frontière !

A voir pour l'impertinence rafraîchissante de cette femme en ces temps frileux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Hill of freedom" : un film délicat sur la naissance de l'amour

Le cinéaste coréen Hong sang Soo nous emmène à Séoul où un jeune japonais Mori ((délicat Ryo Kase) est venu attendre Kwon (intense Seo Young-hwa), rencontrée il y a deux ans et dont il est tombé éperdument amoureux...

Le film commence lorsque Kwon découvre les lettres de Mori à son retour de vacances et les laisse tomber dans l'escalier sous le coup de l'émotion...

Pour raconter l'attente de Mori, le cinéaste prend le parti de bâtir son film à partir du désordre des lettres non datées et nous perd dans la chronologie de ces instantanés de vie entre rencontres amicales, dialogues un peu naïfs lors de rencontres fortuites, cures de sommeil et romances d'un soir...

Le propos est minimaliste mais le charme est là, tout en délicatesse et nous interroge sur la naissance des liens entre les êtres...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Amy" : à voir par tous les amoureux de Amy Winehouse

Asik Kapadia nous raconte la vie de cette artiste comète, récompensée par 6 Grammy Awards et décédée à 27 ans au cœur de l'été 2011...

La diva anglaise du soul à la voix jazzy fut filmée toute sa vie par son entourage...

Le film est la compilation de ces bouts de films inédits plus ou moins amateurs qui nous plongent dans l'univers si particulier de ce diamant brut...

La bande son nous fait entrer dans l'histoire et la composition de ses grands tubes et plus particulièrement de Back to Black (rupture d'avec Blake,son grand amour), et Rehab (dépendance à la cocaïne et l'héroïne auxquelles l'avait initiée Blake)... et c'est magique...

Quêtant désespérément l'amour de son père qui a quitté sa mère lorsqu'elle avait 5 ans, la jeune femme enfant se damne pour les beaux yeux du toxique Blake et perd définitivement pied lorsqu'il est emprisonné...

Traquée par la presse tabloïd qui relate avec complaisance toutes ses faiblesses et ses excentricités, Amy n'arrive plus à composer...

Elle est riche à millions mais l'ogre commercial (en la personne de son père) ne la lâche plus.. et quand son cœur lâche, nous avons envie de pleurer sur ce destin fracassé...

Un très beau documentaire qui nous éclaire sur le star system... et nous donne envie d'écouter et de réécouter cette voix à nulle autre pareille...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Daddy cool" : un film sans prétention mais attachant

Maya Forbes signe un premier film où elle nous raconte de façon romancée son enfance à Boston à la fin des années 1970...

Maggie et Cameron, le couple de ses parents, s'inscrivent dans la légèreté de ces années là où tout semblait encore possible...

Qu'une jeune femme de couleur (sa mère) trouve du travail sans diplôme...

Qu'un homme de bonne famille bipolaire (son père) s'insère dans la société malgré son incapacité à travailler longtemps dans le même environnement...

Le couple tire le diable par la queue et Maggie (ravissante Zoe Saldan) décide de reprendre des études...

Elle s'installe à New York et se voit dans l'obligation de laisser ses deux filles Amelia et Faith à la garde de leur fantasque de père (craquant Mark Ruffalo)...

La cinéaste nous raconte les tribulations de la tribu entre moments de grâce et catastrophes évitées de peu...

A voir pour l'étude sociologique sous jacente de la fin d'une époque quand les années libertaires ont laissé la place à l'individualisme...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Love & Mercy" : un biopic à la gloire de Brian Wilson, cerveau des Beach Boys

Bill Pohlad nous raconte la vie de Brian Wilson, génial compositeur des Beach Boys...

Bercé par la musique planante des Beach Boys, le spectateur assiste émerveillé à la naissance de la mélodie et à la mise en place façon puzzle de l'orchestration de chacun des standards du groupe mythique des années 60...

A l'instar de Brian Wilson qui oublie temporairement ses tourments quand il a trouvé l'accord parfait qui fait le tube, l'émotion doublée de nostalgie enveloppe l'amoureux de ces plages intemporelles...

Le réalisateur alterne en finesse deux périodes de la vie du compositeur / chanteur : Paul Dano interprète brillamment Brian jeune prodige, qui chante avec ses frères et ses cousins pour oublier la violence de son père... John Cusack interprète tout aussi brillamment le Brian vieilli prématurément qui vit sous la coupe du Docteur Eugène Landy (excellent Paul Giamatti), médecin marron qui le maintient dans une camisole chimique...

Melinda (poignante Elisabeth Banks), partagée entre sa passion pour cet homme hors du commun et son impuissance face aux démons qui habitent l'éternel enfant dans un corps d'adulte... saura-t-elle trouver les mots et la bonne distance pour sauver Brian...?

Le film est splendide, la bande son est fabuleuse et les acteurs sont bouleversants...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Un moment d'égarement" : un film beauf malgré deux jeunes actrices prometteuses

Jean François Richet se prend pour Claude Berri à qui il rend "hommage" en tournant le remake d'une comédie tournée en 1977 avec Victor Lanoux et Jean Pierre Marielle !

Antoine (François Cluzet une fois de plus décevant) et Laurent (nonchalant Vincent Cassel) ont décidé de passer leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna (Lola Le Lann) et Marie (Alice Isaaz)...

L'arrivée du quatuor dans une ancienne bergerie de la Corse intérieure restée "dans son jus" est assez savoureuse !

Les deux demoiselles qui s'ennuient ferme, retrouvent grâce à Facebook des copains dans la région... mais Louna est mineure et il incombe donc aux pères de surveiller ses fréquentations...

Laurent se dévoue... et se laisse séduire lors d'une soirée arrosée par la fille de son ami...

Louna se croit amoureuse, Marie déteste son père.. Quant à Antoine, il promet de tuer celui qui a déshonoré sa fille... tout en flirtant de son côté avec la crêpière (sic) en profitant de l'absence de sa femme partie se changer les idées à Ibiza...

Le propos est mince, le scénario délibérément misogyne et les personnages masculins parfaitement caricaturaux et de ce fait ridicules...
Un bon point pour les actrices qui sont fraîches et agréables à regarder...

Et heureusement que les paysages corses sont splendides !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Une seconde mère" ; un hommage à la maternité !

Anna Muylaert confie à Regina Casé un rôle à son image : douce, tendre, modeste et pourtant si forte !

La réalisatrice nous entraîne au Brésil dans une famille aisée où Val s'occupe de Fahbino (Michel Joelsas), fils d'un couple qui parait mal assorti... mais n'a plus aucun contact avec Jessica, sa fille unique, qu'elle a confiée à son ex mari...

Quand Jessica (intense Camila Mardila) s'invite à Sao Paulo pour faire des études d'architecture et s'installe dans la riche demeure avec piscine, les cartes sociales et affectives sont rebattues...

Après un accueil bienveillant, Barbara, la mère de Fahbino (formidable Karine Teles), prend peur devant la jeune femme qui lui tient tête alors que sa mère est si docile, réussit son examen alors que son fils n'est que dolence, séduit intellectuellement son mari qu'elle tenait sous sa coupe de superwoman depuis des années...

Quant à Val, si elle s'insurge au départ, elle va, au contact de cette étrange fille qui est la sienne, petit à petit s'interroger sur elle même, sur son investissement exclusif dans cette famille tout en gardant bien ancrée cette formidable bienveillance qui la fait aimer de tous !

A voir pour cette actrice qui est une star en son pays et parce que l'histoire du film est universelle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les mille et une nuits, volume 1 : l'inquiet" : nous sommes tous portugais !

Miguel Gomes propose dans un film fleuve en 3 volumes, dont l'un vient de sortir, un objet volant non identifié sur le Portugal en crise !

Mêlant adroitement fiction, reportages et fable, le réalisateur nous émeut et nous fait nous interroger avec le sourire sur la réalité économique de la zone euro !

Quand le dernier bateau sort des chantiers navals qui vont fermer, nous sommes dans la foule des badauds ébahis par le gigantisme du vaisseau et attristés parce que décidément rien ne va plus au XXIe siècle : le monstre des mers n'a pas été baptisé, l'équipage qui salue le peuple bâtisseur a le regard inquiet ?!

Quand les chômeurs viennent de leur voix douce et désabusée nous raconter leur vécu de prolétaires du RSA, nous aimerions les réconforter et leur dire que cela ira mieux demain...

Difficile de raconter ce film plein de poésie, de cocasserie dans l'analyse du monde de la finance, de tendresse à l'égard des communautés créées autour du travail...

Si vous avez le temps, allez voir ce premier volume pour son ton à nul autre pareil en attendant Le désolé (29 juillet) et L'enchanté (26 août) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Valley of love" : deux grands acteurs émouvants de fragilité

Guillaume Nicloux signe un scénario pour le moins fantastique ?!

Dans une lettre posthume, le fils mal aimé et suicidé de deux monstres sacrés leur donne rendez-vous dans la vallée de la mort ?!

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu interprètent ce couple divorcé, forcé de se retrouver dans un motel au milieu du désert torride aux portes de Las Vegas !

Lui Gérard ne voulait pas venir, elle Isabelle mère coupable voulait se racheter ?!

Leur fils leur a envoyé un programme de visites d'une semaine au cours duquel il est censé leur apparaître ?

Les paysages sont grandioses, le film est lent comme il se doit... quand la canicule ne désempare pas...

Gérard traîne sa carcasse comme un cachalot échoué en plein désert : l'acteur au naturel est magnifique malgré l'enveloppe de corpulence qui le freine...

Isabelle passe de la colère à la tendresse, éperdue à l'idée du miracle promis qui lui permettrait peut-être de recoller les morceaux de sa vie...

Le film est à voir pour ces deux monuments du cinéma français réunis dans cette histoire qui pourrait être autobiographique ?!

On regrette la mièvrerie des stigmates qui témoignent de la présence ? de leur fils mais on est bouleversés par le chemin parcouru par le duo dans leur traversée de la vallée de l'amour retrouvé ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Mustang" : un film magnifique qui célèbre la féminité

Si vous n'avez l'opportunité de ne voir qu'un film, allez voir la première réalisation d'une toute jeune cinéaste franco turque Deniz Gamze Ergüven, présentée à la quinzaine des réalisateurs à Cannes !

Le film dénonce avec humour et gravité le sort réservé aux filles un peu trop libres, ou du moins perçues comme telles, dans la Turquie contemporaine !

Le film commence le dernier jour de classe dans un petit village turc au bord de la mer...

Les jeunes filles en uniforme disent au revoir à leur enseignante et s'élancent à pied sur le chemin du retour qui les mène à la plage où elles vont se livrer avec une bande de garçons de leur âge à des jeux innocents...

A peine rentrées chez elles, les cinq sœurs sont accueillies par leur grand mère qui a informé leur oncle du scandale provoqué par leur conduite indigne...

La maison va bientôt se transformer en prison les jeunes filles sont reprises en mains et les cours d'éducation ménagère remplissent très vite leur emploi du temps...

En effet, les anciens ont décidé de les marier au plus vite !

Le film raconte cet été lumineux où le sort de ces cinq jeunes filles va se décider, où l'on va décider pour elles !

Les plus âgées sont comme résignées mais la cadette, formidable Lale (Gunes Nezihe Sensoy), va se battre et les motiver pour échapper au sort qui les attend !

Sur son initiative, elles arrivent à s'enfuir de la maison pour un match de football de filles, avec la jolie complicité des femmes de la maison mais le retour est douloureux...

Le piège se referme peu à peu sur les jeunes femmes pleines de vie, contraintes à l'immobilité passive qui leur est imposée...

Le spectateur suit cette tranche de vie comme un roman, s'attachant tour à tour à chacune des futures mariées à leur corps défendant !

Les actrices, toutes amateurs, ont le beauté de la jeunesse et les personnages sont merveilleusement campés !

A voir absolument !

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