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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Pas totalement convaincue par "Le temps des aveux"

Régis Wargnier s'empare d'une histoire vraie en filmant l'affrontement entre François Bizot (incarné par un Raphaël Personnaz un peu falot et surtout univoque), jeune ethnologue français de 31 ans et Duch (magistralement joué par Kompheak Phoeung qui a été l'interprète de Duch lors de son procès), un petit chef khmer qui dirigera plus tard le plus grand centre de torture de Phnom Penh...

Nous sommes dans la jungle cambodgienne en 1971...

Alors qu'il travaille à la restauration des temples d'Angkor, François Bizot est capturé par les khmers rouges... Accusé d'être un espion de la CIA, il tente de convaincre son geôlier de son innocence...

Une relation étrange se tisse entre ces deux hommes que tout sépare... quoique...

Le film nous fait vivre en 1h42 la détention puis la libération de François Bizot et se termine au moment du procès de Duch lorsqu'il demande à son "ami français" de venir témoigner...

Les images sont belles, réalistes... le spectateur a chaud... mais bizarrement aucune émotion ne transpire...

Nous assistons à cette page d'histoire sans nous sentir aucunement concernés : le danger n'est pas palpable, les discussions entre les deux hommes sont policées, les personnages secondaires ne sont pas fouillés...

Pas de passion, pas de cri, pas de fureur... dommage... pour moi le projet est raté !

Je préfère sans nul doute le Régis Wargnier d'"Indochine" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Je suis tombée sous le charme de "La famille Bélier"

J'avoue avoir été voir le film avec un peu d'appréhension ?! Je craignais un exercice bien pensant et tire larmes sur le handicap ? Et bien pas du tout !

Le film de Eric Lartigau nous emmène dans la France profonde où les agriculteurs élèvent des vaches, font des fromages... Mais participent aussi à la vie politique de leur commune (belle satyre des élus locaux clientélistes) !

Le scénario habile nous fait vivre le questionnement très actuel de Paula 16 ans, incarnée par Louane Emera, débutante talentueuse : comment couper le cordon avec sa famille aimante pour devenir adulte ?

Paula est la seule entendante dans une famille de sourds muets...

Non seulement elle poursuit ses études dans un lycée où elle se rend à bicyclette puis en car, mais elle assume également sa part de responsabilités dans la ferme...

Et accompagne ses parents au marché où elle dialogue avec les clients et joue l'interprète dans toutes leurs démarches administratives y compris dans leurs rdv médecins (scène drôle mais un peu limite où l'adolescente se trouve bien malgré elle confrontée aux problèmes intimes de ses parents Karin Viard et Francois Damiens)

Paula, comme toutes les adolescentes de son âge, passe beaucoup de temps avec sa meilleure amie et tombe amoureuse du petit nouveau de la classe !

Inscrite un peu par hasard à la chorale du lycée, Paula est vite repérée par Monsieur Thomasson, un professeur exigeant (excellent Eric Elmossino) qui décide le lui faire passer le concours de la maîtrise de Radio France...

Si Paula réussit ce concours, elle devra vivre à Paris et donc abandonner ses parents !

Elle hésite donc, doute, ne veut pas faire de peine à sa mère, renonce puis grâce à son père (moment de grâce entre le père et la fille), accepte son destin !

Le film se termine à Paris, dans la maison de la radio où Paula réinvente le code du concours pour ses parents : un joli conte de Noël transgénérationnel imprégné des mélodies de Michel Sardou avec, et c'est dommage quelques fautes de goût qui auraient pu être évitées d'autant qu'elles n'apportent rien au film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Magique : visite de la "National Gallery" dans un fauteuil de cinéma

Frederick Wiseman (84 ans) signe un documentaire passionnant sur le musée londonien !

Pendant 3 heures, nous sommes tour à tour flâneur happé par une visite guidée, restaurateur de tableaux, éclairagiste, doreur de cadres, organisateur d'expositions (Léonard de Vinci, Le Titien, Turner et Claude Lorrain), gestionnaire du budget de fonctionnement, accrocheur de cimaises, responsable de la communication du musée...

Le réalisateur nous conduit partout, dans les salles d'exposition pour écouter bouche bée des guides fascinants qui nous font partager leurs sensations esthétiques, au sein de l'équipe de direction où les avis divergent entre conservatisme et nouvelle proximité face aux demandes du public, aux côtés des conservateurs qui s'interrogent sur les nouvelles méthodes de restauration des œuvres ou dans l'ombre des régisseurs qui optimisent l'accrochage des peintures pour qu'elles se répondent d'un mur à un autre...

On ne s'ennuie jamais dans cette traversée du Moyen Age au XIX siècle...

Pas de commentaire, pas de voix off, pas d'interview, pas de musique, nous sommes place Trafalgar Square en plein cœur de Londres...

Voir et revoir de si près les chefs d'oeuvre de Vinci, Van Eyck, Rembrandt, Le Caravage, Rubens, Turner, Van Gogh... nous fait chavirer devant tant de passion de la couleur, de la matière, des personnages...

A noter quelques moments plus particulièrement magiques : le guide nous demande d'imaginer un triptyque biblique dans l'obscurité d'une église aux fenêtres étroites à la lumière des cierges, un couple de danseurs s'élance d'un tableau pour mieux s'enlacer !

Fascinant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir "Un illustre inconnu" pour la performance de Matthieu Kassovitz

Matthieu Delaporte signe un film troublant, bien loin du "Prénom"...

Le spectateur ne ressort pas indemne de la séance car il se demande si ce genre de personnage existe et si oui, comment l'identifier et s'en préserver !

Sébastien Nicolas est un agent immobilier introverti... Il vit seul dans une grande maison en banlieue et limite au strict minimum les contacts familiaux !

Sébastien Nicolas ne sait pas qui il est !

Sébastien Nicolas n'a pas de vie... sauf quand il entre dans la "peau" d'êtres qu'il croise dans la rue ou les transports en commun...

Il jette son dévolu sur quelqu'un, le suit, reproduit sa voix et son visage et s'installe chez lui durant quelques heures... Non sans quelques désagréables surprises...

Un jour le caméléon prend l'apparence d'un illustre musicien et dans ce rôle là, la réalité dépasse le simple jeu : Sébastien Nicolas est bien malgré lui envahi par des sentiments qu'il n'a pas eu l'occasion d'apprendre à gérer...

Le film tourne alors au thriller familial avec quelques soucis d'invraisemblance... mais il prend enfin toute sa dimension humaine !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"L'Oranais" une fresque magnifique sur l'Algérie post indépendance

Lyes Salem réalisateur et acteur du film nous plonge dans l'histoire de Djaffar (qu'il interprète magnifiquement) et Hamid (charismatique Khaled Benaïssa), deux amis qui, après avoir lutté pour l'indépendance, vivent les désillusions des années 80...

Le film est solaire ! Ni polémique, ni partisan, il nous brosse avec une grande tendresse pour ses héros petits et grands les lendemains qui déchantent après la liesse de la victoire...

Les premières images sont magnifiques : nous sommes à la fin des années 50 dans une voiture, les deux amis conversent, Hamid est au volant, dandy faussement désinvolte... Djaffar est le passager... Il fait confiance à Hamid sans trop savoir où va les mener cette escapade ensoleillée... L'Histoire avec un grand H s'invite à un détour de la route, Hamid se révèle être un leader engagé dans la lutte pour l'indépendance, Djaffar va y plonger bien malgré lui !

Le film brasse habilement tous les grands thèmes de la vie avec maestria : l'amitié, l'engagement, la peur, la filiation, l'amour, le pouvoir, la corruption, la religion...

Le résultat est absolument magique de maîtrise et de recul : les images sont belles sans être léchées, les personnages femmes et hommes sont humainement passionnants et le montage diablement efficace nous captive au point de nous faire oublier que l'échec (personnel et/ou national) est souvent au bout de la route !

Un film à voir absolument avant qu'il ne disparaisse des écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Jean Dujardin ne m'a pas convaincue dans "La French"

Le film de Cédric Jimenez est efficace... mais il ne fonctionne pas car Jean Dujardin n'est, de mon point de vue, pas crédible dans le rôle du juge Pierre Michel...

Pour preuve, la polémique enfle du côté de la famille du juge Michel qui n'a pas validé le scénario et récuse le parti pris du film qui fait du juge un ancien joueur repenti !

Gilles Lellouche qui incarne le redoutable parrain Gaëtan Zampa dit "Tany" crève par contre l'écran dès qu'il apparaît !

Mais la caméra nous impose Jean Dujardin dans presque tous les plans et le spectateur guette la faux pas de celui qui incarna OSS 117 !

L'acteur joue bien, fait tout pour ne pas grimacer mais rien n'y fait !

Et pourtant ce film a de beaux atouts : un scénario bien ficelé, la lumière de la ville de Marseille, un casting de luxe : Benoit Magimel, Bruno Tedeschini, Céline Sallette et Mélanie Doutey ... même si les deux femmes ne sont que des faire valoir de leurs hommes !

Un bon film de dimanche soir donc mais pour tout connaître sur cette période, il vaut mieux revoir le film "French connection 1 et 2" de William Friedkin puis de John Frankenheimer ou regarder en replay les très bons documentaires du même nom réalisés par David Korn Brzoza et par François Reinhardt et diffusés par France 3 lundi 8 décembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Une nouvelle amie" : un Ozon moins convaincant que les précédents

François Ozon nous entraîne dans le débat de la théorie du genre mais ses acteurs ne sont pas à la hauteur de son ambition...

Il était une fois deux amies à la vie / à la mort : Claire (Anaïs Demoustier) et Laura (Isild Le Besco) : elles se sont connues toutes petites, ont grandi ensemble, se sont mariées, Laura a eu une fille...

Laura décède peu après avoir donné la vie... Son mari David (Romain Duris) est effondré...

Le film démarre sur des images fortes et émouvantes qui laissent augurer le plaisir d'un scénario bien troussé...

De son côté, Claire complètement déboussolée, prend une semaine de congé sur le conseil affectueux de son mari Gilles (Raphaël Personnaz)

Sans nouvelles de David depuis l'enterrement, Claire frappe à sa porte... et découvre une femme de dos qui donne le biberon à un enfant... Étonnée, elle est sur le point de rebrousser chemin quand la femme se retourne et s'avère être David, travesti en femme...

David explique à Claire que la petite fille a besoin d'une mère, de l'odeur des vêtements de sa mère, que seule Laura était au courant et qu'elle le respectait, que d'ailleurs tant qu'il vivait avec Laura il ne ressentait plus le besoin de se travestir...

Claire, abasourdie, quitte la maison, rentre chez elle et sans trop savoir pourquoi cache cette nouvelle à son mari...

David rappelle Claire, se justifie à nouveau, lui demande d'être son amie...

Claire hésite et finit par accéder à la demande de David / rebaptisée Virginia d'aller faire du shopping entre filles ?!

David et Claire ne vont bientôt plus se quitter... Claire allant jusqu'à mentir à Gilles pour s'échapper un weekend...

Un triangle amoureux inhabituel se met en place et l'histoire pourrait être troublante : une jeune femme devient "femme" sous le regard d'un homme travesti en femme qui aime les femmes...

Mais Claire / Anaïs est trop jeune ou trop lisse ou trop fade pour ce rôle d'amoureuse hors des sentiers battus...

Quant à Romain Duris, s'il "joue" très bien, il n'en est pas moins absolument pas crédible en femme (si ce n'est de dos car il a d'interminables et magnifiques jambes) : il n'est qu'un travelo avec une perruque blonde et un maquillage outrancier...

Sans parler de Raphaël Personnaz : pas étonnant que Claire le quitte tant il est transparent...

Beau sujet donc mais mal incarné... avec des répétitions : un vieux tube de Nicole Croisille, celle "qui se sent pour la première fois devenir femme" chanté deux fois en intégralité, des fausses pistes / fantasmes inutiles, des scènes improbables, téléphonées...

Bref le spectateur, transformé en voyeur, n'arrive pas à croire à ce méli-mélo qui, il faut le reconnaître, finit sur une très jolie scène... vue de dos...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Bande de filles" quelle énergie !

Le dernier film de Céline Sciamma démarre sur les chapeaux de roues !

Elles sont formidables ces filles qui courent sur un terrain de sport, armées de leurs casques et de leurs genouillères pour disputer une âpre partie de football américain !

Et pourtant, quand après l'euphorie du match, elles rentrent dans la cité, la fierté s'efface devant la soumission sous les regards des petits caïds !

Marieme 16 ans, formidable Karidja Touré, se heurte à tous les échecs : de sa mère qui fait vivre la famille en faisant des ménages, destin qui lui est promis - de l'école où elle n'a pas le niveau pour passer en seconde générale - de la fratrie où elle doit subir la violence de son grand frère et pallier l'absence de la mère auprès de ses petites sœurs....

Elle se fait adopter par une bande de filles au verbe haut et à la provoc facile qui vont l'aider à apprivoiser son corps dans la danse et dans le combat de rues....

Car elle bouge, elle chante, elle court la banlieue dans le corps de ces filles qui se cherchent... ni putes ni soumises ?!

Mais quel chemin emprunter quand toutes les solutions se transforment en impasse ?

La réalisatrice porte un regard empathique sur la banlieue et ces ados qui essaient de s'inventer un avenir différent de celui de leurs mères...

A voir pour les héroïnes frondeuses qui crèvent l'écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Déçue par "Magic in the Moonlight", dernier opus de Woody Allen

J'ai attendu pendant 1h33 que le film démarre car le scénario se traîne entre scènes kitsch... à prendre au 2ème ou 3ème degré... et long travellings sur la beauté des paysages du sud de la France dans les années 20...

Woody Allen traite à nouveau un de ses thèmes favoris : opposer la vision intelligente de la vie que développent les pessimistes face aux optimistes, bêtement béats devant ce que le monde leur propose...

Le film oppose Stanley Crawford (Colin Firth) qui incarne un grand magicien qui se cache sous un masque de Fu Manchu et se pique de démasquer les charlatans - à Sophie (Emma Stone) qui est sur le point de se faire épouser par un riche héritier, fou amoureux de la belle médium qui a su redonner le goût de vivre à sa future belle mère en organisant des séances de spiritisme qui lui permettent de dialoguer avec son défunt mari...

Sur la demande d'un ami, Stanley vole au secours de cette pauvre famille riche... et tombe à son tour sous le charme de la voyante qui sait si bien le deviner...

Le spectateur a du mal à s'intéresser à cette histoire tant Colin Firth nous parait niais dans ses découvertes successives : ainsi l'invisible existerait ?, il y aurait un lien entre les vivants et les morts ?, la vie aurait donc un sens ?, les êtres ne seraient pas tous blancs ou noirs ?, il serait possible de se tromper et de ne pas sombrer dans le ridicule ?...

Seule la fin du film en forme de pirouette nous fait sourire mais je ne vous la raconterai pas !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
J'aurais aimé voir Omar Sy danser la "Samba"

Dans le nouveau film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, Omar Sy incarne Samba, un sénégalais entré illégalement en France il y a dix ans... qui ne sait pas danser !

En fait j'avais adoré la démonstration de danse d'Omar Sy dans "Intouchables" et je me disais que...

Je suis tout à fait d'accord avec Ulysse de Télérama qui fait la moue !

Pas de scénario dans ce film qui a pour ambition de traiter le sujet de l'immigration clandestine... mais des saynètes qui s'enchaînent dans le sirop des bons sentiments...

Autre invraisemblance : l'histoire d'amour improbable entre Charlotte Gainsbourg qui incarne Alice, une jeune bobo en burn out qui tente de se refaire une santé en travaillant bénévolement dans l'association de défense des immigrés où elle rencontre Omar Sy...

Le spectateur a envie d'aider Omar Sy et ne comprend pas bien l'imbroglio dans lequel il s'est fourré en voulant régulariser sa situation car il travaille à la plonge dans un restaurant et veut entamer une formation de cuisinier pour faire comme son oncle qui l'a recueilli ... A aucun moment son personnage n'est crédible tant l'acteur crève l'écran de gentillesse et d'équilibre personnel...

Quant à Charlotte, elle joue comme souvent un rôle d'hystérique intériorisée qui se raccroche à ce qu'elle peut et pourquoi pas ce Samba... alors que sa collègue lui a bien recommandé de ne pas s'impliquer....

Les deux réalisateurs n'ont pas, de mon point de vue, réussi à retrouver l'alchimie d'"Intouchables", comédie qui avait su nous enchanter sur un sujet aussi délicat que le handicap avec une galerie de très bons acteurs !

Pauvre Omar Sy, vivement qu'il puisse s'investir dans un autre projet avec une équipe qui saura "l'utiliser" dans le bon sens du terme !

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