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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le grand jeu" : un thriller politique aux dialogues ciselés

Nicolas Pariser signe ici un premier film talentueux avec deux têtes d'affiche : André Dussollier dans le rôle de Joseph, un intermédiaire qui cherche à tirer la couverture à lui dans les hautes sphères du pouvoir et Melvil Poupaud dans le rôle de Pierre, un écrivain en panne après son premier succès de librairie, recruté pour écrire un manifeste révolutionnaire... L'ouvrage fictif évoque toutefois un pamphlet réel de 2007 signé du "Comité invisible"...

Le film démarre brillamment sur la rencontre "inopinée" des deux héros puis semble se chercher un peu, flirtant avec le documentaire quand il fait référence au "Groupe de Tarnac", phalanstère de terroristes d'extrême gauche surdiplômés et à la mort mystérieuse de Robert Boulin ...

Si Melvil Poupaud est excellent dans ce rôle de dandy décalé toujours amoureux de sa première femme (délicieuse Sophie Cattani) mais séduit par l'aplomb d'une chercheuse proche du groupe révolutionnaire (brillante Clémence Poésy), on peut regretter que le personnage d'André Dussollier ne soit pas plus fouillé d'autant qu'il impose d'emblée son ambivalence naturelle !

Un film à voir malgré quelques longueurs.. pour encourager ce réalisateur prometteur !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Au-delà des montagnes" : une fresque magnifiée par une héroïne solaire

Jia Zhang-Ke revient après "A touch of sin" pour nous raconter l'histoire de son pays entre 1999 et un futur possible 2025 !

Le film démarre sur l'ouverture de la Chine post-maoïste à la liberté occidentale...

A Fenyang, ville natale du réalisateur, les jeunes dansent sur un air pop endiablé... les visages sont souriants... l'avenir leur appartient...

Le scénario s'enrhume quand Tao, l'héroïne à la jolie frimousse, incarnée par la délicieuse Zhao Tao, doit choisir entre ses deux amis d'enfance et prétendants...

L'un Liangzi (excellent Liang Jing-Dong) est un mineur humble comme elle en a toujours connu, l'autre Zhang Jinsheng (tout aussi excellent Zhang Yi) est un affairiste frimeur en pleine ascension capitaliste... Propriétaire d'une station service et d'une voiture, il va bientôt racheter la mine dans laquelle travaille Liangzi qu'il écarte sans états d'âme...

Quand Tao épouse Zhang, elle scelle son destin et celui de son fils prénommé Dollar !

Tao s'enrichit à l'image de son pays, mais Tao est déboussolée par les ravages sociétaux et environnementaux que connaît la Chine...

Le film nous entraîne en Mongolie extérieure où Liangzi s'est exilé pour trouver un emploi de mineur, opprimé par le système qui le broie et jusqu'en Australie où Zhang s'expatrie avec son fils pour trouver un paradis fiscal...

On ressort des deux heures de projection enthousiasmés par le talent de Jia Zhang-Ke mais désolés par le spectacle qu'offre ce grand pays de traditions dévasté par la sauvagerie de l'argent-roi !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les huit salopards" : un film somptueusement filmé mais bavard et vide...

J'avais adoré "Django Unchained"... le 7ème film de Quentin Tarantino !

"Les huit salopards" raconte l'histoire d'un chasseur de primes John Ruth qui emmène sa prisonnière Daisy Domergue à Red Rock où elle doit être pendue...

Le blizzard oblige la diligence à faire étape dans une auberge après avoir avoir ramassé au passage deux personnages égarés dans l'immensité neigeuse du Wyoming : le Major Marquis Warren (un autre chasseur de primes) et Chris Mannix, le futur shérif de Red Rock...

Quand les protagonistes débarquent frigorifiés chez la tenancière de l'auberge (qui s'est mystérieusement absentée), ils sont accueillis par quatre individus aussi patibulaires qu'hauts en couleurs...

Tout ce petit monde fait connaissance, discute, boit du café, discute, mange du ragoût, discute, cloue la porte de l'auberge qui ne ferme plus, joue du piano, discute, joue de la guitare, discute, reboit du café, discute...

Le scénario minimaliste s'étire à l'infini dans ce huis clos - au point que le spectateur est presque soulagé quand le carnage commence... car on se doute dès le début que personne n'en sortira vivant...

Les acteurs (dans :l'ordre de citation) sont tous formidables : Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Samuel L Jackson, Walton Goggins.. mais Tarantino s'est fait plaisir en réalisant un film qui reprend ad nauseam certains de ses thèmes favoris mais sans la force de la trame historique ou du grand sujet dans lequel il a su exceller !

Hélas !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Cinéma : classement 2015

Difficile d'établir le classement 2015 : beaucoup de films "découvertes" mais peu de films majeurs ? Comme les lecteurs de Télérama, je vote en premier pour Mustang ! A vous de juger, j'attends vos commentaires !

1. Mustang : la brillante première réalisation d'une toute jeune cinéaste franco turque Deniz Gamze Ergüven qui célèbre la liberté des femmes

2. Mia Madre : Nanni Moretti fait un pas de côté pour mieux raconter la disparition de sa mère

3. Timbuktu : un film engagé qui dénonce la barbarie jusque dans son esthétisme

4. La isla minima : un polar coup de poing dans un décor de delta poisseux

5. Le pont des espions : un scénario brillant au cœur de la guerre froide

6. Imitation Game : l'histoire vraie du génie des mathématiques qui décrypta les codes nazis

7. Le labyrinthe du silence : quand l'Allemagne se penche sur ses pages noires

8. L'enquête : un scénario haletant sur l'affaire Clearstream

9. Fatima : le portrait délicat d'une femme arabe ordinaire

10. Le faussaire : un formidable documentaire interprété par le faussaire himself

Et aussi : Amy, Comme un avion, La maison au toit rouge, Phoenix, La peau de Bax, La femme au tableau, L'art de la fugue, Bons à rien...

Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015
Cinéma : classement 2015

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Back home" : une froide construction savante

Joachim Trier nous raconte l'histoire d'une famille américaine détruite par les images de la violence du monde...

Isabelle Reed (fragile Isabelle Huppert), célèbre photographe de guerre, se tue dans un accident de voiture près de chez elle...

Gene Reed (transparent Gabriel Byrne) est déchiré entre les souvenirs de sa vie de couple, sa difficulté actuelle à communiquer avec son fils cadet Conrad (Devin Druid) auquel il a caché le suicide de sa mère et son malaise face la perspective de la parution d'un article vérité sur son épouse...

Jonah (intéressant Jesse Eisenberg), le brillant fils aîné, revient dans la belle maison de son père alors que sa compagne vient d'accoucher d'une petite fille, pour l'aider à trier les planches contacts en vue de l'exposition que prépare un galeriste...

L'ombre de la défunte habite les personnages, aspirés par le passé et englués dans leur impossibilité de s'aimer... Isabelle aime sincèrement Gene mais se sent étrangère chaque fois qu'elle rentre de ses reportages... Gene ne croit pas à l'amour d'Isabelle...dont il connait l'amant... Conrad, veuf de sa mère, est en pleine crise d'adolescence... Quant à Jonah, qui a quitté la maison très tôt, il se révèle incapable d'affronter sa vie d'adulte...

Le film réunit des stars dans un scénario habile mais le résultat est comme plombé par tant de mal être !

Personnellement, je vote pour Lelouch !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Un + une " : juste ce qu'il faut de chabada !

Claude Lelouch revient sur son thème favori : Un homme et une femme (tourné en 1966) !

La femme c'est Anna (Elsa Zylberstein), femme de l'ambassadeur de France en Inde, interprété par Christophe Lambert......

L'homme c'est Antoine (Jean Dujardin), compositeur de musique de films...

Antoine aime Alice (Alice Pol), une pianiste qu'il a rencontrée dans un hall de gare alors qu'il venait de rater son train...

Antoine part en Inde pour composer la bande son d'un remake local de Juliette et Roméo !

Les chemins d'Antoine et d'Anna se croisent...

Antoine suit Anna dans sa quête de spiritisme sur les bords du Gange à la rencontre d'Amma...

Amma est une vraie gourou indienne qui caresse avec tendresse toute personne qui vient à elle et la serre sur son cœur dans une étreinte pleine d'amour ! En 36 ans, Amma a pris dans ses bras plus de 26 millions de personnes, issues de tous les pays du monde ...

Le scénario se déroule au hasard des rencontres, les acteurs s'arrêtent toujours au bord du sérieux, l'Inde éternelle est saturée de couleurs, le spectateur sourit devant tant de savoir-faire : et si la vie pouvait ressembler au cinéma de Lelouch ?!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le pont des espions" : du cinéma, du vrai !

Steven Spielberg s'empare d'une histoire vraie pour nous offrir un vrai moment de cinéma !

Nous sommes à New York en 1957, un russe dénommé Rudolf Abel (subtil Mark Rylance) est arrêté et accusé d'espionnage...

Pour le faire condamner à mort dans les "formes" l'Etat américain décide de lui offrir les services d'un avocat nommé d'office en la personne de James B. Donovan (excellent Tom Hanks), bon mari et bon père de famille spécialisé dans les assurances ?!

Le scénario brillantissime, co-écrit par les frères Coen qui y glissent quelques pointes d'humour inattendues mais bienvenues dans le climat lourd de la guerre froide, nous fait rentrer dans la mécanique subtile des échanges opérés à cette époque sur le pont de Glienicke entre Berlin et Postdam...

La petite histoire de cet avocat modeste qui se mue en farouche défenseur des libertés de son client au péril de sa vie, rencontre la grande Histoire quand James Donovan est approché par la CIA pour tenter de rapatrier l'aviateur de U2 Gary Powers tombé aux mains des russes alors qu'il faisait un vol de reconnaissance au-dessus du sol soviétique !

Au-delà de la reconstitution sur les lieux mêmes de la réalité historique, la vraie fascination du film réside dans les ressorts psychologiques des différents protagonistes y compris les personnages secondaires (tels le juge, la patron de James Donovan, l'agent de la CIA, l'agent du KGB... ) !

En effet la posture de héros loyal à son pays et sans peur de Rudolf Abel fait écho aux valeurs de James B. Donovan qui, au nom du lien qui s'est tissé entre eux, va accepter de réaliser lui-même l'échange sans couverture diplomatique !

Si je devais faire une petite critique, je dirais que Tom Hanks est presque trop parfait dans son rôle... mais ne gâchons pas notre plaisir de voir cet acteur bientôt sexagénaire dans un de ses meilleurs films !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"21 nuits avec Pattie" : vous avez dit bizarre !

Bizarre, bizarre... Les frères Larrieu (Arnaud et Jean Marie) ont réuni deux grandes actrices : Isabelle Carré et Karin Viard pour illustrer leur ode au désir !

La première interprète Caroline, une parisienne mère de famille, qui arrive dans la maison de sa mère dans le sud de la France après son décès...

Elle n'a pas l'intention de rester car elle a peu connu sa mère et ce qu'elle a connu d'elle ne lui plait pas : sa mère était une "libertine" !

Karin Viard se plait décidément dans les rôles de femmes bien dans leur peau qui n'hésitent pas à parler de sexe et de plaisir dans des mots crus... Pattie, la femme de ménage de la mère de Caroline, fait partie de ces femmes...

Mais le corps de la défunte disparaît et Caroline doit rester pour les besoins de l'enquête... alors que tout le village s'apprête à fêter le 15 août, que la buvette bat son plein et que la nature est sensuelle...

C'est à ce moment-là que Jean (excellent André Dussollier) entre en scène : il se présente comme un écrivain ayant aimé la mère de Caroline dans le passé ...

Les gendarmes, de leur côté, craignent qu'elle n’ait été victime d'un nécrophile...

Les réalisateurs nous racontent la transformation d'une quadragénaire qui est passée à côté de sa vie et qui soudain s'abandonne à écouter le désir des autres puis le sien...

Si Dionysos nous parait aujourd'hui bizarre au même titre que les histoires qui rodent autour des cimetières.. alors oui ce film est bizarre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Mia Madre" : Nanni Moretti est au sommet de son art !

Nanni Moretti signe ici un magnifique film de femmes !

Le réalisateur italien choisit pour la première fois de laisser le premier rôle à une femme et se met de côté (il est le fils Giovanni) - pour mieux regarder la chaîne féminine qui fait écho à sa douleur d'avoir perdu sa propre mère lorsqu'il finissait le tournage de Habemus papam !

Margherita Buy, formidable actrice venue du théâtre, incarne avec talent et sensibilité féminine l'irascible et exigeant réalisateur qu'est Nanni Moretti. dans la vie..

Margherita tourne un film qui tourne à l'épreuve de forces avec des cameramen qui filment trop près ou trop loin à son goût, un acteur principal américain (génial John Turturro dans le rôle du "surfait" Barry) qui a du mal à aligner deux répliques en italien...

Margherita découvre qu'elle n'a pas pris le temps de parler avec sa mère (érudite professeur de latin en retraite), d'écouter sa fille qui veut renoncer à l'étude de cette discipline, d'échanger avec son compagnon...

Margherita et Giovanni volent du temps pour le passer au chevet de leur mère Ada (excellemment interprétée par Giulia Lazzarini) sur son lit d'hôpital...

Le frère et la sœur vivent ce moment si particulier avec une résignation affectueuse pour l'un, un refus chargé de bouffées de tendresse pour l'autre...

Les rêves et les réminiscences surgissent fugacement aux moments les plus inattendus pour mieux les préparer à la perte maternelle...

Margherita, pour la première fois de sa vie s'interroge sur elle, regarde sa propre fille Livia (délicieuse Beatrice Mancini) avec les yeux de sa mère quand elle comprend que la grand-mère et la petite fille échangent des confidences dont elle est absente, autorise le père de Livia à reprendre une partie de sa place : merveilleuse scène où Livia apprenant à maîtriser son nouveau scooter dessine une chorégraphie en huits entre sa mère et son père......

Nanni Moretti parait comme apaisé d'avoir réussi le délicat exercice qui consiste à parler de la mort de sa mère et n'a pas hésité pour ce faire à s'entourer des objets et des livres lui appartenant...

C'est tout simplement authentique, pudique, magnifique en un mot jusqu'à la dernière scène qui ouvre la possibilité d'un lendemain !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les cowboys" : un scénario prémonitoire !

Thomas Bidegain, scénariste de talent (Un prophète, Dheepan), signe ici son premier long métrage !

Le film raconte la quête d'un père Alain (magistral François Damiens) et de son fils Georges dit le Kid (excellent Finnegan Oldfield) qui tentent de retrouver Kelly 16 ans leur fille et sœur, disparue lors d'une fête de musique country dans la campagne de l'Ain à laquelle toute la famille participe...

Face aux gendarmes qui se révèlent très frileux, cette famille comme les autres explose en vol au fil des révélations de l'enquête menée par Alain et son fils : Kelly est partie avec un fils d'algérien dont elle est amoureuse, Kelly s'est enfuie avec un islamiste radical...

La mère est partagée entre l'incompréhension et le désir de respecter les choix amoureux de sa fille, le fils est tétanisé par la volonté de ce père, Stetson vissé sur la tête, qui quitte travail et bientôt toit familial pour se lancer à la poursuite des "Arabes" qui lui ont volé sa fille...

La recherche durera plus de quinze ans et les mènera de la Belgique au Moyen Orient...

Le film fait malheureusement écho à l'actualité dramatique que nous venons de connaître, les acteurs sont justes dans leur jeu mais surtout dans leurs prises de position : père qui saccage son bonheur, fils qui prend le relais du père en sacrifiant sa jeunesse, fils encore qui réussit à créer un lien entre les cultures chrétiennes et musulmanes au péril de sa vie...

Le ton est sobre mais les images sont fortes et le scénario brillant !

Une réussite même si le choix de la parabole western jusque dans le titre peut paraître un peu hasardeux !

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