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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Comme un avion" ou l'éloge des petits bonheurs simples

Il faut vous dépêcher d'aller voir le dernier film de Bruno Podalydès, si ce n'est déjà fait, car c'est un pur moment de poésie !

Le réalisateur incarne Michel, graphiste au bord de la crise de la cinquantaine !

Michel, bien que très heureux avec Rachel - qui ne le serait pas avec la lumineuse Sandrine Kiberlain, rêve d'aéropostale depuis son plus jeune âge !

Une devinette pédante d'un de ses collègues (incarné par son frère Denis Podalydès himself) le lance à la recherche de palindromes ?!

Kayak s'écrie-t-il entre deux absences, se lançant soudainement dans une recherche internet effrénée !

A la grande surprise de sa femme, il achète d'abord des rames... puis se fait livrer un superbe kayak (délirant moment avec le livreur et la voisine Noémie Lvosky dans l'ascenseur !), qu'il assemble comme un meuble Ikéa et trans porte sur son toit !

Le film s'élance paresseusement comme Michel qui, sur l'impulsion bienveillante de Rachel, se lance dans une mini odyssée qui doit le mener jusqu'à la mer ?!

Comme Ulysse, le voyage s'interrompt en jolis impromptus, le premier havre étant une guinguette où il rencontre Laetitia, une veuve au grand cœur (formidable Agnès Jaoui), Mila (délicieuse Vimala Pons) qui pleure chaque fois que la pluie tombe et deux foutraques qui carburent à l'absinthe (excellents Michel Vuillermoz et Jean Noël Brouté)...

Le spectateur complice sourit devant tant de douceur, de gentillesse si si, de cocasserie et se régale à l'écoute de la bande son, personnage à part entière de ce fleuve movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"L'ombre des femmes" : un film macho !

Philippe Garrel signe un film sur l'éternel triangle amoureux qui soit disant rend hommage au courage des femmes ???

Faux et faux !

Dans ce Paris populaire en noir et blanc aux rues sales et aux murs tagués, Pierre (Stanislas Merhar) traîne sa mélancolie d'épagneul !

Il vit avec Manon (Clotilde Courau) qui a abandonné tous ses projets pour l'aider dans son métier de documentariste...

Pierre et Manon forment déjà un vieux couple même si Manon défend avec panache son amour face à une mère dubitative...

Pierre trompe Manon avec Elisabeth (excellente Lena Paugam), une jeune stagiaire rencontrée dans la rue... qui découvre par hasard que Manon trompe également Pierre...

Pierre s'insurge ! Comment sa femme ose-t-elle le tromper alors qu'il l'aime ? C'est grave pour une femme ! L'adultère est le propre de l'homme, il n'y peut rien, c'est sa nature !

Au secours !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La loi du marché" : Cannes aime le social !

Vincent Lindon, très ému, est monté chercher son prix d'interprétation à Cannes pour le rôle d'un laissé pour compte : Thierry, un jeune quinqua au chômage depuis vingt mois !

Et c'est vrai, quoi qu'en disent les esprits jaloux, que Vincent mérite bien ce prix même si le spectateur l'a déjà vu dans ce personnage de Droopy ridé et fripé par la vie !

Mais il faut reconnaître qu'il est au sommet de son art si particulier dans le film de Jérôme Brizé dont la caméra le cadre au plus près de la moustache...

Thierry encaisse son licenciement, encaisse les échanges "irresponsables et rebattus" avec son conseiller pole emploi qui lui propose un xième stage inutile, encaisse les conseils "irresponsables et criminels" de sa banquière qui lui adjure de vendre son appartement pour en louer un plus petit, encaisse les propos "irresponsables et humiliants" d'un employeur potentiel qui, en entretien skype, ne retient pas sa candidature car il ne connait pas la dernière version de la machine outil sur laquelle il a travaillé, encaisse les reproches "irresponsables et culpabilisants" du groupe de mise en situation auquel il a participé...

Mais Thierry a beaucoup de mal à encaisser l'attitude de flic que lui demande l'emploi de vigile qu'il a fini par décrocher ! Et pourtant Thierry a besoin d'argent pour finir de payer son appartement, pour s'acheter un véhicule d'occasion à crédit, pour payer l'assistante de vie de son fils handicapé : pas de misérabilisme dans le film, juste la vraie vie de ces gens là qui luttent pied à pied tous les jours pour garder la tête haute, avec de jolis moments de petites joies partagées !

Il assiste impuissant à l'accusation des larcins ordinaires : le petit vieux qui a volé une tranche de viande, la caissière qui a détourné à son profit des bons de réduction et se défait sous les reproches répétés du patron qui lui retire sa confiance après 20 ans d'ancienneté...

Mais quand la scène se répète avec une autre employée, là Thierry ne supporte plus, n'en peut plus de toute cette misère humaine et le dos de Thierry nous dit sa colère... enfin !!!

Sans aucun conteste, un beau film avec un acteur engagé qui dénonce notre monde qui poursuit impunément sa spirale exclusive !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La tête haute" : quand l'enfance est fracassée...

Emmanuelle Bercot nous fait vivre le calvaire d'un jeune déscolarisé dès l'âge de 6 ans !

Le film démarre dans le bureau de la juge pour enfants interprétée par une Catherine Deneuve assez convaincante même si elle semble être perpétuellement étonnée de jouer ce rôle ?

Nous sommes dans la région de Dunkerque... Malony, 6 ans, orphelin de père, joue aux pieds de la juge et suit la complainte de sa mère immature (Sara Forestier qui malheureusement surjoue) n'arrivant pas à contenir les hurlements de son jeune demi-frère : son fils est ingérable, elle n'y arrive plus !

Le film enchaîne sur Malony adolescent têtu qui, sous son éternelle capuche, refuse le contact...

Rod Paradot incarne cette figure du "jeune délinquant" d'aujourd'hui : la tête basse, l'injure aux lèvres, l'agressivité à fleur de peau... Le jeune acteur a une présence étonnante qui nous fascine et nous rebute à la fois... Car Malony est intelligent, aime malgré tout sa mère, accepte la juge comme rôle pivot de sa vie, tente de construire une vraie relation avec son éducateur (excellent Benoit Magimel)... et le spectateur se prend à imaginer une possible rédemption...

Mais comme dans "Mommy" de Xavier Dolan, la rechute est plus dure...

Le scénario nous réserve quelques moments tendres entre Malony et une jeune fille qui l'initie à la sexualité, quelques parenthèses heureuses autour d'un gâteau d'anniversaire...

C'est un film coup de poing, à voir pour tenter de comprendre même si la fin optimiste au lieu de nous rassurer, nous laisse totalement perplexes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"My old Lady" : so british, so delicious !

Israel Horowitz a fait appel à d'excellents acteurs pour nous raconter une histoire de viager dans un Paris de carte postale !

Mathias (formidable Kevin Kline), quinquagénaire américain sans le sou débarque à Paris pour hériter d'un magnifique et branlant hôtel particulier du Marais qui lui a été légué par un père indifférent...

A sa grande surprise, il découvre qu'une nonagénaire en pleine santé (malicieuse Maggie Smith) y vit en compagnie de sa fille Chloé (excellente Kristin Scott Thomas)...

La comédie légère et primesautière se teinte vite de profondeur et de sérieux lorsque le scénariste nous fait découvrir le dessous des cartes de cet étrange arrangement... où les enfants sont victimes de la légèreté inconsciente des parents...

Le film nous parle d'amour et d'argent, de souvenir et de souffrance, de rédemption et de pardon tout en nous amusant... que demander de mieux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le labyrinthe du silence" : une page d'histoire fascinante

Giulio Ricciarelli, jeune réalisateur italien, signe ici un premier film parfaitement maîtrisé !

Il nous emmène en 1958 en Allemagne aux côtés d'un jeune procureur Johann Radmann interprété par un excellent Alexander Fehling, personnage "fabriqué" à partir de trois procureurs allemands de l'époque qui menèrent l'enquête sur les anciens cadres d'Auschwitz...

Respectueuse des faits historiques, cette fiction mêle habilement personnage recomposé et protagonistes réels tels le procureur général Fritz Bauer (Gert Voss) et le journaliste Thomas Grielka (André Szymanski)... qui jouèrent un rôle prépondérant dans cette chasse à l'homme ...

Les acteurs sont tous excellents, l'atmosphère de l'époque est élégamment restituée et le spectateur épouse le chemin de vie de ce jeune procureur, si naïf à ses débuts, si déterminé par la suite à faire juger pour la première fois sur le sol allemand d'anciens bourreaux SS... au risque d'y perdre son équilibre personnel...

Johann Radmann va passer des heures à éplucher des archives jalousement gardées par l'armée américaine, à entendre des témoignages de rescapés tous plus poignants les uns que les autres...

Le film se termine en 1963 devant les portes de la salle d'audience du procès de Francfort où vont comparaître pendant vingt mois devant un jury populaire, vingt deux exécutants du plus grand des camps de la mort engendré par la folie hitlérienne..

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Broadway Therapy" : un film allègre sur une petite musique à la Woody

Peter Bogdanovich s'est visiblement beaucoup amusé à réaliser ce film distrayant, sans aucune prétention intellectuelle...

Un pur moment de divertissement comme dans les films de l'âge d'or hollywoodien !

Lorsque Isabella ou Izzy (mutine Imogen Poots) rencontre Arnold Albertson (délicieux Owen Wilson), sa vie bascule !

Arnold ou Derek, riche metteur en scène de Broadway, marié et père de famille... est amateur de call girls dont il transforme la vie en leur offrant un pactole généreux pour se "reconvertir" !

Isabella n'est pas la première et quand Delta ((excellente Kathryn Hahn), l'épouse d'Arnold, comédienne de son état, arrive à New York, les quiproquos vont s'enchaîner dans une joyeuse sarabande...

On y croise Jane une psychanalyste brute de fonderie (Jennifer Aniston) qui remplace sa mère alcoolique au pied levé, un vieux détective privé (George Morfogen) qui multiplie les déguisements impossibles, un juge polisson (Austin Pendleton) qui fait une fixette sur Isabella, un dramaturge dépressif Joshua (Will Forte) dont le cœur balance, un comédien so british (Rhys Ifans) qui est amoureux de Delta...

On se croirait un peu chez Feydeau ou chez Woody Allen...

En tout cas on ne s'ennuie pas un moment pour ne pas perdre le fil de cette comédie endiablée aux scènes plus cocasses les unes que les autres ... dont ce chauffeur de taxi qui lassé d'entendre le couple de Delta et d'Arnold se disputer dans sa voiture les plante en pleine circulation et hèle un autre taxi pour les fuir !

Un "feel good movie" comme dit très justement Télérama !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Pas de caprice pour "Caprice"

Emmanuel Mouret signe ici un film énamouré avec Emmanuel Mouret dans le rôle principal !

Ce marivaudage a un goût suranné de déjà vu ! N'est pas Rohmer qui veut !

Clément, instituteur lunaire et amateur de théâtre séduit, bien malgré lui, toutes les belles femmes qui l'approchent !

Alicia, une comédienne dont le visage s'affiche sur les colonnes Morris, interprétée par la blonde Virginie Efira, lui tombe dans les bras...Et Caprice, starlette envahissante sous les traits d'Anaïs Demoustier le poursuit de ses assiduités...

Clément s'empêtre dans les demi mensonges faute de s'engager pour de bon !

Qu'il est mou ce héros maladroit et gaffeur ! Pas viril pour un sou !

Un film un peu OVNI... en tout cas tout à fait contournable !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Très déçue également par "Taxi Téhéran"...

Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran...

Une caméra cachée filme les passagers qui se succèdent...

L'idée est bonne et on ne peut que saluer le courage du réalisateur qui brave la censure de son pays depuis sa mise à l'index en 2010 mais... autant les premières scènes sont amusantes et dépaysantes, autant la suite se révèle décevante à partir du moment où il embarque sa petite peste de nièce préado qui doit réaliser un court métrage tout en respectant la loi de la charia...

Dommage, dommage...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Très déçue par "Jamais de la vie"...

J'avais beaucoup aimé le ton et le scénario de "Ma petite entreprise" réalisé par Pierre Jolivet en 1999 avec la bande son éponyme d'Alain Bashung !

Dans "Jamais de la vie", la vision de notre monde est carrément sombre sans l'ombre d'une sortie de secours...

Franck (excellent Olivier Gourmet), 52 ans, est gardien de nuit d'une grande surface de banlieue...

Il a été autrefois un syndicaliste talentueux et teigneux et l'a payé très cher...

Ici il s'ennuie ferme, flirte avec la boisson dont il s'est sorti, essaie de tempérer sa sœur au tempérament adultère... mais ne peut s'empêcher de se porter au secours de son malheureux collègue Ketu (Marc Zinga) ...

Malgré quelques jolies scènes avec son patron interprété par Bénabar et son assistante sociale (excellente Valérie Bonneton), tout est noir, noir, noir...

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