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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je ne voulais pas aller voir le film de Paul Verhoeven adapté du roman Oh  de Philippe Djian (prix Interallié 2012), car je considérais que sous couvert d'esthétisme, il banalisait le viol comme forme ultime de la jouissance masculine... et féminine....

Après avoir vu le film, je n'ai pas changé d'avis sur ce point mais je suis obligée de reconnaître, en accord avec les récompenses des César, le palmarès des auditeurs du Masque et de la Plume et celui des lecteurs de Télérama, que Elle est un "sacré" bon film !

Malsain certes, mais redoutablement bien construit, bien filmé et surtout superbement incarné par une pléiade d'acteurs de grand talent !

Car si l'on excepte l'incomparable Isabelle Huppert qui excelle dans ce rôle de femme belle, froide, blessée et secrètement frustrée (un rôle qui n'est pas nouveau pour elle...), le réalisateur a réuni un casting de rêve pour tous les rôles secondaires et néanmoins essentiels dans leur complexité pour enchâsser tels des diamants la robe rubis de Michèle...

Charles Berling interprète avec subtilité Richard, l'ex mari de Michèle qui l'aime toujours et cherche vainement à reconstruire sa vie...

Anne Consigny interprète avec sa délicatesse coutumière le rôle d'Anna, devenue la meilleure amie et la partenaire business de Michèle depuis qu'elle a allaité son fils (elle avait accouché d'un enfant mort né dans la même maternité ???)

Virginie Efira se glisse avec naturel dans la peau de Rebecca, une jolie et jeune "grenouille de bénitier" qui cherche à se protéger de son pervers de mari..  

Judith Magre est Irène, la mère de Michèle qui essaie d'oublier que son mari est un multi-criminel de sang condamné à perpétuité, en fréquentant des hommes de plus en jeunes...

Enfin Jonas Bloquet interprète Vincent le fils de Michèle qui essaie de devenir adulte et surtout père, n'hésitant pas à reconnaître l'enfant noir de sa compagne ???

Je suis plus réticente en revanche sur Laurent Lafitte qui est Patrick son voisin BCBG et son violeur ???

De mon point de vue, l'acteur n'est pas crédible dans ce rôle de pervers sexuel et il constitue pour moi la pierre d'achoppement de l'histoire...

En conclusion, je dirais qu'il faut aller voir ce film qui illustre magnifiquement les relations perverses qu'entretient une certaine bourgeoisie avec son entourage familial et professionnel, camouflant ses névroses sous l'apparente réussite d'une vie moderne et trépidante !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Kelly Reichardt adapte des nouvelles de la romancière Maile Meloy pour nous raconter l'histoire "minuscule" de 4 femmes du Montana : le film séduit ou agace mais sa petite musique à nulle autre pareille nous immerge dans les plaines infinies de cette région où le temps semble s'être arrêté...

Laura (sobre et sensible Laura Dern), une avocate d'une cinquantaine d'années essaie de trouver son équilibre entre sa vie sentimentale habitée par un amant épisodique et sa vie professionnelle engluée dans les histoires tristes de ses clients paumés...

Gina (lumineuse Michelle Williams) est une femme mariée, comme absente d'elle même, qui regarde sa vie comme un naufrage alors que son mari est en train de lui construire une maison...

Aucun lien entre ces deux femmes... à l'exception de la silhouette de l'amant de Laura qui pourrait être le mari de Gina...

Les deux autres femmes : Beth (Kristen Stewart à fleur de peau) et Jamie (extraordinaire Lily Gladstone) vont faire un bout de chemin ensemble alors qu'elles n'ont strictement rien en commun... Jamie tient un ranch pour gagner sa vie... Tout à fait par hasard elle entre dans une salle où une jeune avocate donne des cours du soir...  Fascinée par Beth, Jamie va y retourner soir après soir... Quand Beth cesse de venir, Jamie entreprend un vrai jeu de piste pour la retrouver... puis s'efface de sa vie avec un sourire triste comme si elle n'était qu'une quantité négligeable...

Les quatre portraits sont magnifiques, le film est envoûtant à condition d'accueillir ce qu'il nous donne : un morceau de la vie de certaines femmes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur franco-américain Damien Chazelle voulait devenir musicien...

Passionné de jazz, il a vite compris qu'il n'avait pas assez de talent pour percer comme batteur professionnel...

Il s'est donc reconverti dans le cinéma et nous a séduit avec Whiplash (voir ma critique)

Avec La La Land, il s'essaie à la comédie musicale et les critiques l'ont encensé en affirmant qu'il renouvelait et modernisait le genre ???

J'ai hésité à aller voir le film et finalement je ne regrette pas d'y être allée...

Pour Ryan Gosling qui interprète Sebastian, un pianiste de jazz fabuleux et inventif qui gagne sa vie comme pianiste de bar avant de trouver sa place dans le microcosme actuel où la création musicale se doit d'être métissée ...

Pour le jazz aussi, le vrai pas le free, pas le synthétique...

Mais je ne comprends pas pourquoi ce film est auréolé de 17 prix et de 24 nominations tant le scénario est faible, l'actrice Emma Stone pas du tout crédible et les chorégraphies faiblardes au regard des grands standards américains !

A vous de juger !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Jeff Nichols a décidé de réaliser un film à partir d'une histoire vraie avec des acteurs qui ressemblent aux héros de cette bataille juridique gagnée en 1967 contre l'état de Virginie, dans les décors même où les faits se sont déroulés...

Joël Edgerton incarne Richard Loving : un homme taiseux, maçon de son état qui épouse Mildred une jeune fille noire, alors que les mariages mixtes sont interdits en Virginie en 1958...

Ruth Negga incarne avec un charme fou Mildred, cette "Brindille"  qui se révèle au fur et à mesure des épreuves que le couple traverse, non seulement une formidable épouse et mère mais surtout une  femme engagée qui accueille la possibilité de se défendre et se projette dans la possibilité de faire changer les lois et le cours de l'histoire...

Décidé à ne pas trop s'impliquer ni tomber dans le pathos, le réalisateur n'a malheureusement pas réussi à trouver le bon tempo (le film est très lent) ni la bonne distance vis-à-vis des deux personnages : en effet le film se regarde comme un livre d'images classique duquel ne se dégage aucune réelle émotion !

Après le formidable succès de Mud, Jeff Nichols s'est essayé au film fantastique avec Midnight Special (voir ma critique)....Ici il tente un nouveau genre mais on ne s'improvise pas biographe... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Thierry Frémaux a composé un époustouflant montage d'une centaine de films restaurés parmi les quinze mille tournés entre 1898 et 1905 par les frères Lumière et leurs opérateurs !

Le documentaire commence par l'extraordinaire Sortie d'usine, se poursuit par le non moins fameux L'Arroseur arrosé et nous ravit avec L'entrée en gare de La Ciotat qui effraya si fort les premiers spectateurs de l'époque...

Ces "courts" métrages de 50 secondes, formidables témoignages de l'époque, nous étonnent aujourd'hui par leur modernité, leur profondeur de champ, leur sens du comique et leur excellente direction d'acteurs qui s'en donnent à coeur joie...

Parmi les perles, beaucoup de films consacrés à l'enfance dont un jeune garçon qui donne à manger à sa petite soeur et à sa cousine, un défilé de voitures de bébés à la pouponnière de Paris...

Et des films tournés en France : Lyon (la ville des frères Lumière), Paris, La Ciotat et ses environs... et à l'étranger : la Cochinchine, les pyramides de Gizeh, l'Amérique du Nord avec entre autres Chicago et un Défilé de cinq mille policiers dont quatre mille neuf cent quatre vingt dix sept arborent une moustache...

Thierry Frémaux commente ces archives avec le regard ébloui d'un Candide initié ! Pour le plus grand plaisir de tous les amoureux du cinéma et pour les autres !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Des jeunes d'aujourd'hui attendent derrière la lourde grille du 6 de la rue Francoeur dans le 18e arrondissement...

  • C'est le grand jour pour ces deux cent cinquante candidats qui se présentent au concours de la prestigieuse école parisienne de cinéma...

Claire Simon filme de manière très vivante et très sensible cette journée qui va décider du sort des soixante élus qui seront sélectionnés à l'issue des épreuves écrites et orales...

La caméra de la réalisatrice s'installe dans les salles d'examen où l'on suit les épreuves orales des différentes filières (scénario, réalisation, distribution...)

Nous sourions ou nous sommes dubitatifs avec les jurés qui interrogent ces jeunes originaires de toutes les régions de France et du monde entier en tentant d'être les plus impartiaux possibles, en essayant de tenir compte du facteur trac, en s'efforçant de garder l'esprit ouvert pour ne pas passer à côté d'un futur génie qu'ils ne trouveraient pas sympathique...

Les jeunes : filles et garçons sont formidables de naturel, d'enthousiasme, de drôlerie, de créativité ou étonnants de naïveté ou de conformisme ...

Sur quels critères se baser, se décider ? Comment arbitrer pour ne pas laisser de côté ceux qui sont moins à l'aise à l'oral, ceux qui ne sortent pas d'un milieu privilégié qui les a depuis l'enfance éduqués au beau...

Le documentaire devient passionnant quand nous assistons aux débats des jurés qui doivent sélectionner leurs candidats qui attendent derrière les portes fermées que l'assistante affiche les résultats..

Ceux qui ne sont pas reçus jurent qu'ils représenteront le concours l'année suivante et on a envie de leur souhaiter bonne chance à tous...

Comme dit Télérama, un vrai film citoyen qui nous révèle les dessous du fonctionnement de cette école à nulle autre pareille, dont les jurés sont des gens du métier et où il n'y a pas de cours ni de professeurs...

Quels talents !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Décidément je n'apprécie pas du tout le réalisateur Pablo Larrain qui après avoir caricaturé Neruda s'attaque au mythe Jackie Kennedy en la réduisant à une couverture de magazine people...

Le cinéaste choisit de nous montrer la brève période charnière que Jackie a connu entre l'assassinat de son mari et son départ de la Maison Blanche avec des flash backs ridicules sur les années "heureuses" où la first Lady portait les tailleurs Chanel comme une parfaite poupée Barbie et redécorait la Maison Blanche pour éblouir son mari...

Nathalie Portman qui incarne Jackie ne nous fait grâce d'aucune mimique : tristesse, pleurs, questionnement personnel et prises de position à la limite du caprice... tout nous est montré en gros plans !

Le parti pris par Larrain est d'une misogynie à la fois ordinaire et datée : Jackie est toujours accompagnée d'un homme dans ses déambulations : un Bobby à la fois amical et protecteur, un prêtre confident et donneur de leçons qui ose lui dire : On se couche désespéré, on reprend courage le matin après un bon café ???, un journaliste goguenard au début qui se laisse envoûter jusqu'à devenir idolâtre...

Les acteurs qui interprètent John, Bobby, Johnson sont de vraies caricatures et les images sont du niveau de Paris Match !

A fuir ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

la réalisatrice Elite Zexer a eu l'idée de réaliser ce film après avoir accompagné sa mère qui a photographié des femmes bédouines dans le désert israélien de Néguev aux confins de la Jordanie

Le scénario passionnant a su saisir chacun des 3 personnages de l'histoire dans ses contradictions...

Le père Suliman (Hitham Oman formidable de justesse) est si fier de sa fille aînée qu'il l'autorise à faire des études et lui apprend à conduire... mais pour satisfaire à la tradition il se remarie, interdit à sa fille d'épouser le jeune homme qu'elle aime et répudie sa femme quand elle lui tient tête et soutient leur fille...

La mère Jalila (Ruba Blal à la fois résignée et en colère) fait tout pour garder son rang malgré le remariage de son mari et n'en finit plus de se chercher dans son rôle de mère de 4 filles...

La fille Layla (Lamis Ammar à fleur de peau) veut s'émanciper mais est freinée dans sa quête de liberté par le poids des traditions et la nécessaire solidarité féminine...

Il nous reste à espérer à la fin du film que la petite soeur Tasnim, qui ne quitte pas son jean et refuse de se voiler, saura s'imposer dans une société patriarcale et immuable où les filles doivent épouser l'homme choisi par leurs pères !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dominique Cabrera adapte le roman de Maylis de Kérangal avec une vraie sensibilité de méditerranéenne !

Ils sont formidables ces jeunes issus de la diversité qui risquent leur vie à chaque plongeon dans la mer depuis la corniche Kennedy...

Marco (épatant Kamel Kadri),, Mehdi (irrésistible Alain Demaria), Melissa, Franck, Hamza, Mamaa et Julie ont pris possession de ce bout de territoire entre la ville, la muraille de rochers et l'eau miroitante qui les appelle irrésistiblement...

Ils s'y retrouvent tous les jours pour oublier la vie dans les cités et apprivoiser leur peur en sautant dans le vide...

Suzanne (étonnante Lola Créton), lycéenne aisée, les observe fascinée et décide de les approcher pour se faire accepter...

Le scénario très habile nous invite au coeur de cette bande de jeunes qui tentent de s'inventer un avenir qui n'est pas celui de leurs parents !

A voir pour les excellents acteurs non professionnels et les splendides photos qui donnent le frisson !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Tomboy qui racontait l'histoire d'une fillette qui cherchait sa place dans le monde, la réalisatrice Céline Sciamma a adapté le livre de Gilles Paris pour nous plonger à la hauteur de gosses de 10 ans cabossés par la vie...

Courgette surnommé ainsi par sa maman qui est victime d'un accident domestique mortel, atterrit dans un foyer pour enfants où il fait la connaissance de Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice...

Dans un décor très réaliste, les marionnettes aux yeux rigolos et si expressifs tentent de se reconstruire, aidés en cela par des adultes bienveillants...

Quand la jolie Camille arrive au foyer, Courgette en tombe amoureux  et les rôles sont joliment redistribués dans la petite bande quand le petit dur devient tendre et que la blondinette traumatisée ose enfin écarter la mèche qui lui cache la moitié du visage...

De très délicieuses séquences où les objets tels un cerf volant ou une assiette de frites illustrent très habilement l'imagination des enfants, leur état d'esprit au quotidien  ou leurs rapports de force...

Un film pour les adultes et pour les enfants à partir de 6 voire 8 ans pour certaines séquences au questionnement préadolescent !

 

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