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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est la première fois que Kiyoshi Kurosawa réalise un film en dehors du Japon !

Le spectateur est plongé dès les premières images dans l'étrangeté d'un monde qui hésite entre passé (maisons à l'abandon, rues étrangement vides) et présent (station RER posée au milieu de nulle part).

Un jeune homme prénommé Jean (excellent Tahar Rahim) a rendez-vous dans un manoir de la banlieue parisienne...

Introduit par un serviteur hors d'âge, il est rapidement embauché comme assistant par Stéphane (Olivier Gourmet un peu à contre emploi), un photographe de mode autrefois célèbre qui s'est reconverti dans le daguerréotype !

Dans son studio, il fait inlassablement poser sa fille Marie (évanescente Constance Rousseau) pour retrouver la perfection des portraits qu'il a réalisé de sa femme aujourd'hui disparue...

Jean est le trait d'union entre cette étrange maison où les fantômes poussent les portes et font craquer les lattes des escaliers - et la vraie vie qu'il retrouve de temps en temps avec ses copains amateurs de foot.. Mais Jean comprend vite qu'il va devoir entrer dans la folie de Stéphane pour sauver Marie !

Un film lent, beau et long, un hommage à l'art photographique, une tragédie intemporelle où les miroirs s'inspirent des tirage anciens pour refléter la vie qui n'est plus...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

John Madden s'est longuement documenté pour nous inviter dans le monde survitaminé du lobbying, dans les coulisses du pouvoir à Washington...

Jessica Chastain interprète du rôle titre d'Elisabeth Sloane et Gugu Mbatha-Raw qui incarne Esme Manucharian, une talentueuse et néanmoins fragile collègue, ont rencontré des femmes lobbyistes pour mieux maîtriser l'art et la manière de ces guerrières à talon aiguille... et c'est réussi !

Réussi au point que le spectateur lambda a un peu de mal à suivre ces stratégies à 3 ou 4 bandes où le plus "féroce" n'est jamais celui qu'on croit !

Car le grand mérite de ce film, outre ses excellents interprètes, est de ne pas être manichéen : rien n'est tout blanc ni tout noir et ce jusqu'à la fin qui est un magistral pied de nez à la consanguinité des milieux politico-juridico-économistes !

Tour à tour cyniques, manipulateurs, odieux mais aussi engagés ou poignants, hommes et femmes rivalisent d'ambition pour oublier leur immense solitude !

A voir pour soulever le coin du voile d'un univers parallèle qu'ignore complètement le grand public !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Theodore Melfi nous raconte l'incroyable histoire de trois géniales mathématiciennes afro-américaines qui ont permis la réussite du programme Mercury dont l'ambition était d'envoyer un américain (John Glenn) dans l'espace...

Nous sommes en 1962, la Virginie est un Etat qui pratique ouvertement la discrimination raciale : l'accès au savoir et à la formation d'ingénieur sont interdits au femmes de couleur, elles ont leurs propres toilettes et doivent s'asseoir à l'arrière des bus...

Mais rien ni personne n'arrête l'exceptionnel parcours de ces trois femmes au tempérament bien trempé qui oseront s'affirmer dans un univers où les hommes blancs ne sont pas prêts à partager leur pouvoir, relayés dans ce combat par quelques brillantes assistantes blanches, gardiennes du statu quo...

Octavia Spencer interprète une énergique Dorothy qui, la première, arrivera à faire cracher des lignes de calcul à l'énorme machine IBM que vient d'acquérir la NASA sur le site de Langley (après avoir été obligée de voler un livre sur le langage Fortran à la bibliothèque municipale) ...

Taraji P. Henson interprète Katherine, une jeune veuve qui élève seule ses trois enfants et doit se battre pied à pied, avec ténacité et culot, pour trouver sa légitime place dans l'équipe qui travaille jour et nuit pour calculer les trajectoires de la fusée...

Janelle Monae interprète Mary dont le joli minois ne doit pas faire oublier une intelligence et une ambition hors pair : elle sera la première femme afro-américaine à avoir réussi à décrocher un diplôme d'ingénieur...

Le scénario haletant nous fait revivre cette formidable conquête de l'espace en soulignant l'intelligence relationnelle de l'ingénieur en chef Al Harrison (excellent Kevin Kostner), qui saura repérer ces talents inouïs parmi ces figures de l'ombre...

Un film à voir absolument pour ses interprètes et surtout pour rendre hommage à l'exceptionnel génie de certaines femmes injustement oubliées de la grande histoire des peuples !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après avoir rendu hommage à son père dans Beginners, Mike Mills dresse de sa mère un vibrant portrait...

Annette Bening est époustouflante dans le rôle de Dorothea, une femme divorcée d'une cinquantaine d'années qui élève seule son fils Jamie (attachant Lucas Jade Zumann)...

Nous sommes à Santa Barbara en 1979, année charnière entre l'idéalisme des contre cultures des années 60 et le matérialisme des années "fric"...

Dorothea loue sa maison à des cabossés de la vie :  William, un nostalgique des années hippies (touchant Billy Crudup), Abbie une artiste trentenaire ayant échoué à New York (formidable Greta Gerwig) et Julie (Elle Fanning), une jeune voisine délurée de 17 ans dont Jamie 15 ans est amoureux... 

Jamie reproche à sa mère de se complaire dans son triste célibat...Mère et fils s'aiment mais ont du mal à trouver  la bonne distance pour communiquer... Dorothea demande à Abbie et à Julie de l'aider dans l'éducation de son fils pour en faire un homme" bien" c'est-à-dire notamment respectueux de l'autre sexe...

Un film étonnant, tout à la fois frais et nostalgique, qui célèbre la liberté de parole de ces années-là, la découverte du sexe libre et des théories psychologiques, le règne du féminisme anticonformiste...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Stephan Streker s'est inspiré d'une histoire vraie survenue à Charleroi en 2007 pour nous faire partager le choix cornélien de Zahira, jeune belgo-pakistanaise de 18 ans, entre le respect de la tradition familiale et son légitime désir de liberté...

Zahira, interprétée par la lumineuse Lina El Arabi est une jeune fille heureuse de vivre...

Elle partage les plaisirs des jeunes de son âge avec sa meilleure amie Aurore (formidable Alice de Lencquesaing)...

Elle aime ses parents, ses soeurs et tout particulièrement son frère et confident Amir (tout aussi formidable Sébastien Houbani)... jusqu'au jour où ses parents décident de la marier...

Zahira, refuse, se réfugie chez son amie, dont le père (magistral Olivier Gourmet), plaide sa cause auprès de la famille pakistanaise qui ne veut rien entendre...

Zahira rentre chez elle, décide de jouer la montre puis s'enfuit à nouveau avec Pierre, un émouvant amoureux transi (Zacharie Chasseriaud parfait)...

Le scénario à fleur de peau nous associe aux tourments de la jeune fille écartelée entre ses deux cultures qui, au fil des jours, paraissent de plus en plus incompatibles jusqu'à l'absurde... de notre point de vue occidental...

Un film subtil et ponctué de moments d'insouciance précieuse à voir avant qu'il ne disparaisse des écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je ne voulais pas aller voir le film de Paul Verhoeven adapté du roman Oh  de Philippe Djian (prix Interallié 2012), car je considérais que sous couvert d'esthétisme, il banalisait le viol comme forme ultime de la jouissance masculine... et féminine....

Après avoir vu le film, je n'ai pas changé d'avis sur ce point mais je suis obligée de reconnaître, en accord avec les récompenses des César, le palmarès des auditeurs du Masque et de la Plume et celui des lecteurs de Télérama, que Elle est un "sacré" bon film !

Malsain certes, mais redoutablement bien construit, bien filmé et surtout superbement incarné par une pléiade d'acteurs de grand talent !

Car si l'on excepte l'incomparable Isabelle Huppert qui excelle dans ce rôle de femme belle, froide, blessée et secrètement frustrée (un rôle qui n'est pas nouveau pour elle...), le réalisateur a réuni un casting de rêve pour tous les rôles secondaires et néanmoins essentiels dans leur complexité pour enchâsser tels des diamants la robe rubis de Michèle...

Charles Berling interprète avec subtilité Richard, l'ex mari de Michèle qui l'aime toujours et cherche vainement à reconstruire sa vie...

Anne Consigny interprète avec sa délicatesse coutumière le rôle d'Anna, devenue la meilleure amie et la partenaire business de Michèle depuis qu'elle a allaité son fils (elle avait accouché d'un enfant mort né dans la même maternité ???)

Virginie Efira se glisse avec naturel dans la peau de Rebecca, une jolie et jeune "grenouille de bénitier" qui cherche à se protéger de son pervers de mari..  

Judith Magre est Irène, la mère de Michèle qui essaie d'oublier que son mari est un multi-criminel de sang condamné à perpétuité, en fréquentant des hommes de plus en jeunes...

Enfin Jonas Bloquet interprète Vincent le fils de Michèle qui essaie de devenir adulte et surtout père, n'hésitant pas à reconnaître l'enfant noir de sa compagne ???

Je suis plus réticente en revanche sur Laurent Lafitte qui est Patrick son voisin BCBG et son violeur ???

De mon point de vue, l'acteur n'est pas crédible dans ce rôle de pervers sexuel et il constitue pour moi la pierre d'achoppement de l'histoire...

En conclusion, je dirais qu'il faut aller voir ce film qui illustre magnifiquement les relations perverses qu'entretient une certaine bourgeoisie avec son entourage familial et professionnel, camouflant ses névroses sous l'apparente réussite d'une vie moderne et trépidante !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Kelly Reichardt adapte des nouvelles de la romancière Maile Meloy pour nous raconter l'histoire "minuscule" de 4 femmes du Montana : le film séduit ou agace mais sa petite musique à nulle autre pareille nous immerge dans les plaines infinies de cette région où le temps semble s'être arrêté...

Laura (sobre et sensible Laura Dern), une avocate d'une cinquantaine d'années essaie de trouver son équilibre entre sa vie sentimentale habitée par un amant épisodique et sa vie professionnelle engluée dans les histoires tristes de ses clients paumés...

Gina (lumineuse Michelle Williams) est une femme mariée, comme absente d'elle même, qui regarde sa vie comme un naufrage alors que son mari est en train de lui construire une maison...

Aucun lien entre ces deux femmes... à l'exception de la silhouette de l'amant de Laura qui pourrait être le mari de Gina...

Les deux autres femmes : Beth (Kristen Stewart à fleur de peau) et Jamie (extraordinaire Lily Gladstone) vont faire un bout de chemin ensemble alors qu'elles n'ont strictement rien en commun... Jamie tient un ranch pour gagner sa vie... Tout à fait par hasard elle entre dans une salle où une jeune avocate donne des cours du soir...  Fascinée par Beth, Jamie va y retourner soir après soir... Quand Beth cesse de venir, Jamie entreprend un vrai jeu de piste pour la retrouver... puis s'efface de sa vie avec un sourire triste comme si elle n'était qu'une quantité négligeable...

Les quatre portraits sont magnifiques, le film est envoûtant à condition d'accueillir ce qu'il nous donne : un morceau de la vie de certaines femmes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur franco-américain Damien Chazelle voulait devenir musicien...

Passionné de jazz, il a vite compris qu'il n'avait pas assez de talent pour percer comme batteur professionnel...

Il s'est donc reconverti dans le cinéma et nous a séduit avec Whiplash (voir ma critique)

Avec La La Land, il s'essaie à la comédie musicale et les critiques l'ont encensé en affirmant qu'il renouvelait et modernisait le genre ???

J'ai hésité à aller voir le film et finalement je ne regrette pas d'y être allée...

Pour Ryan Gosling qui interprète Sebastian, un pianiste de jazz fabuleux et inventif qui gagne sa vie comme pianiste de bar avant de trouver sa place dans le microcosme actuel où la création musicale se doit d'être métissée ...

Pour le jazz aussi, le vrai pas le free, pas le synthétique...

Mais je ne comprends pas pourquoi ce film est auréolé de 17 prix et de 24 nominations tant le scénario est faible, l'actrice Emma Stone pas du tout crédible et les chorégraphies faiblardes au regard des grands standards américains !

A vous de juger !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Jeff Nichols a décidé de réaliser un film à partir d'une histoire vraie avec des acteurs qui ressemblent aux héros de cette bataille juridique gagnée en 1967 contre l'état de Virginie, dans les décors même où les faits se sont déroulés...

Joël Edgerton incarne Richard Loving : un homme taiseux, maçon de son état qui épouse Mildred une jeune fille noire, alors que les mariages mixtes sont interdits en Virginie en 1958...

Ruth Negga incarne avec un charme fou Mildred, cette "Brindille"  qui se révèle au fur et à mesure des épreuves que le couple traverse, non seulement une formidable épouse et mère mais surtout une  femme engagée qui accueille la possibilité de se défendre et se projette dans la possibilité de faire changer les lois et le cours de l'histoire...

Décidé à ne pas trop s'impliquer ni tomber dans le pathos, le réalisateur n'a malheureusement pas réussi à trouver le bon tempo (le film est très lent) ni la bonne distance vis-à-vis des deux personnages : en effet le film se regarde comme un livre d'images classique duquel ne se dégage aucune réelle émotion !

Après le formidable succès de Mud, Jeff Nichols s'est essayé au film fantastique avec Midnight Special (voir ma critique)....Ici il tente un nouveau genre mais on ne s'improvise pas biographe... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Thierry Frémaux a composé un époustouflant montage d'une centaine de films restaurés parmi les quinze mille tournés entre 1898 et 1905 par les frères Lumière et leurs opérateurs !

Le documentaire commence par l'extraordinaire Sortie d'usine, se poursuit par le non moins fameux L'Arroseur arrosé et nous ravit avec L'entrée en gare de La Ciotat qui effraya si fort les premiers spectateurs de l'époque...

Ces "courts" métrages de 50 secondes, formidables témoignages de l'époque, nous étonnent aujourd'hui par leur modernité, leur profondeur de champ, leur sens du comique et leur excellente direction d'acteurs qui s'en donnent à coeur joie...

Parmi les perles, beaucoup de films consacrés à l'enfance dont un jeune garçon qui donne à manger à sa petite soeur et à sa cousine, un défilé de voitures de bébés à la pouponnière de Paris...

Et des films tournés en France : Lyon (la ville des frères Lumière), Paris, La Ciotat et ses environs... et à l'étranger : la Cochinchine, les pyramides de Gizeh, l'Amérique du Nord avec entre autres Chicago et un Défilé de cinq mille policiers dont quatre mille neuf cent quatre vingt dix sept arborent une moustache...

Thierry Frémaux commente ces archives avec le regard ébloui d'un Candide initié ! Pour le plus grand plaisir de tous les amoureux du cinéma et pour les autres !

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