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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Dalton Trombo" : Hollywood années 50, la chasse aux sorcières communistes !

Le réalisateur Jay Roach nous offre un biopic captivant du scénariste Dalton Trombo qui fut une des principales victimes de la paranoïa anticommuniste menée par le sénateur McCarthy !

Interprété par le très convaincant Bryan Cranston, le scénariste reconnu coupable d'appartenir au parti communiste américain, écopa de onze mois de prison, fut inscrit sur la liste des 10 "traîtres" blacklistés d'Hollywood et perdit le droit d'exercer son métier !

Véritable bourreau de travail et scénariste de génie, Dalton Trumbo continua à exercer son métier sous des noms d'emprunt, réécrivit des scénarios à la chaîne pour les frères King producteurs de séries Z et se vit décerner deux oscars durant sa période de clandestinité pour Vacances romaines et Les clameurs se sont tues !

C'est grâce au courage d'Otto Preminger qui lui confia ouvertement le scénario d'Exodus que Dalton Trombo retrouva la place dans le panthéon d'Hollywood qu'il n'aurait jamais du quitter !

Le film s'achève par le discours de Trumbo le 13 mars 1970 lorsqu'il reçut le prix Laurel de la Guilde des scénaristes !

L'époque est remarquablement reconstituée, les acteurs sont pour la plupart excellents et plus particulièrement les interprètes de la commère anti-communiste Hedda Hopper (Helen Mirren), de Franck King (John Goodman), d'Otto Preminger (Christian Berkel)... Par contre les comédiens qui jouent John Wayne et Kirk Douglas ne sont pas du tout crédibles...

Le film a le mérite de parler de cette période trouble du monde du cinéma américain mais il ne pose pas toutes les questions et notamment ne s'arrête à aucun moment sur les raisons qui amènent un homme intelligent et cultivé à se déclarer communiste alors que la période montrait les "limites" du système : prise de pouvoir de l'Union soviétique en Europe de l'Est contrairement aux accords de Yalta, invasion de la Corée du Sud, procès de Moscou...

A voir malgré cette réserve pour les dialogues entre Dalton Trombo et son ami Arlen Hird (excellent Louis C.K.), personnage composite représentant les autres neuf !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les habitants" : un road documentaire sur la France et les français

Oui nous sommes bien en France quand nous suivons sur fond de musique guillerette la vieille caravane que Raymond Depardon a arrimée à sa voiture, pour sillonner la France du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest pour recueillir les témoignages de passants qui acceptent de se laisser filmer...

Ces femmes et ces hommes sont de tous âges, de toutes conditions, ils sont blancs, blacks, beurs... ils s'expriment avec leurs mots, assument leurs accents et oublient la caméra...

Je retiendrais tout particulièrement : une mère musulmane qui se réjouit que sa fille finisse ses études de médecine mais se désole qu'elle ne pense pas à se marier, deux mères divorcées qui échangent sur les difficultés de la garde partagée, un père et un fils qui se rendent compte qu'ils n'arrivent plus à communiquer et s'en attristent, un grand père qui se désole devant son ami d'enfance de ne plus voir ses enfants, deux retraitées qui regrettent qu'on ne parle plus français à Nice, deux amies dont les déboires amoureux de l'une provoque la colère de l'autre, un homme et une femme qui découvrent que tout les sépare, deux jeunes gens la casquette vissée sur la tête qui parlent de leurs meufs, deux amis qui s'avouent leur peur de devenir adulte, deux hommes dont l'un explique à l'autre que sa compagne doit accepter d'avorter si elle souhaite que leur couple perdure, une jeune femme qui demande à son amoureux de lui passer la bague au doigt pour pouvoir se marier en blanc avant que son corps ne soit déformé par la maternité...

Pas d'intellectuels ou de cols blancs parmi ces habitants mais nous sommes dans la France profonde où l'objectif de chacun est de s'inventer un lendemain personnel ou professionnel, de mieux vivre à deux ou de trouver un remède à la solitude...

Peu de personnages solaires à part le couple de fiancés dont l'intimité amoureuse crève l'écran !

C'est la France de Raymond Depardon, à vous de juger !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Maggie a un plan" : so typically new yorkais !

Rebecca Miller (fille d'Arthur Miller) nous emmène à New York dans un milieu d'intellectuels où les professeurs s'essaient à l'écriture romanesque !

Nous retrouvons avec plaisir Greta Gerwig qui crevait l'écran dans Frances Ha, dans le rôle de Maggie, grande fille toute simple et éternelle célibataire qui a un plan : faire un bébé toute seule...

Sur ces entrefaites, elle tombe amoureuse de John (lunaire Ethan Hawke), un professeur d'anthropologie malheureux en ménage avec Georgette (excellente Julianne Moore), une brillante universitaire autoritaire et égoïste !

Mais après quelques années de mariage, Maggie comblée par l'adorable fillette qu'elle a eu avec John, décide de "rendre" John à Georgette !!!

Le scénario passablement "cucul la praline" s'inspire clairement des chassés croisés amoureux qu'affectionne Woody Allen mais le film est allègre et divertissant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La saison des femmes" : un film de femme qui célèbre les femmes

Le film de Leena Yadav dénonce la condition archaïque des femmes au fin fond de l'Inde, dans un village de l'Etat de Gujarat !

Pour briser des tabous tels que la violence conjugale, la réalisatrice ose un film qui, pour sortir en Inde, devra passer par le bureau de la censure qui risque de l'interdire !

Des hommes enturbannés de blanc rendent la justice à l'ombre des acacias, dans un décor de désert que traversent de temps à autre des dromadaires nonchalants...

Nous suivons la révolte de trois femmes : Rani la veuve qui s'endette pour marier son bon à rien de fils, Lajlo la femme battue parce qu'elle n'arrive pas à avoir d'enfant et Bijli la danseuse prostituée dont la beauté s'étiole - se tiennent les coudes pour faire face à la tyrannie des hommes qui les utilisent, les battent ou les exploitent...

Dans cet univers clos, les couleurs des saris chatoient, la sensualité des caresses efface les bleus des visages et des corps, la solidarité des femmes est plus forte que les traditions ancestrales...

A voir absolument pour l'énergie libératrice qui se dégage du film et autorise les trois héroïnes à briser leurs chaînes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Phan Dang Di nous emmène à Saïgon sur les rives du Mékong où trois jeunes de 20 ans : deux garçons et une fille tentent de s'inventer un avenir dans un pays où l'irruption du capitalisme bouleverse les équilibres ancestraux et les valeurs !

La violence et l'argent s'invitent jusqu'au cœur du désir amoureux ! Les corps quasi nus se cherchent dans la chaleur des boîtes de nuit psychédéliques ou dans l'illusoire fraîcheur de l'eau boueuse des mangroves ...

La toile de fond du film s'inscrit dans la sordide réalité que vit aujourd'hui le Vietnam surpeuplé où l'on incite les jeunes hommes pauvres à se faire établir de faux certificats de paternité pour toucher la prime réservée aux pères de deux enfants qui décident de se faire stériliser...

Le sort des jeunes femmes ne semble pas plus enviable : esclave domestique ou esclave sexuelle, elles se retrouvent bien évidemment rapidement enceintes...

La moiteur et la langueur de ce pays si bien décrites par Marguerite Duras laissent ici un goût amer d'avenir à réinventer !

A voir pour la jeunesse et la beauté des visages et des corps... et pour mieux appréhender l'angoisse existentielle de l'Asie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"L'avenir" : pour les inconditionnels d'Isabelle Huppert !

Mia Hansen Love fait le portrait d'une professeur de philo quinquagénaire qui perd peu à peu tous ses repères...

Son mari lui annonce qu'il en aime une autre, ses enfants quittent le nid et son enquiquineuse de mère décède brusquement !

Nathalie (isabelle Huppert) se retrouve donc seule et libre d'un temps qu'elle ne sait comment employer !

Elle décide de se rapprocher d'un de ses anciens étudiants interprété par Roman Polinka (fils dans la vraie vie de Marie Trintignant) pour poursuivre leur dialogue intellectuel mais va de déception en déception....

On aimerait s'apitoyer des malheurs de Nathalie mais la posture froide et distanciée de l'actrice nous retient de toute émotion !

Dommage car le sujet de la solitude à cet âge de la vie est rarement traité au cinéma et mériterait qu'on s'y intéresse avec tendresse et humour !

L'avenir s'écrit ici dans le registre du vide !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Démolition" : trois fois hélas :(((

Le réalisateur québécois Jean Marc Vallée nous avaient séduits avec Mud !

Ici il fait appel à Jake Gyllenhaal, Naomi Watts et Chris Cooper pour nous raconter une histoire débile d'un homme qui perd les pédales à la mort accidentelle de sa femme au point de démolir tout ce qui l'entoure...

J'ai quitté la salle quand après avoir démonté son frigo et son ordinateur puis fracassé ses meubles, il s'est attaqué au bulldozer à sa magnifique maison...

La métaphore est tellement énorme qu'elle laisse sans voix !

A fuir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Soleil de plomb" : que la Yougoslavie est belle !

Dalibor Matanic nous raconte des histoires d'amour interdites entre serbes et croates de la plus jolie manière qu'il soit !

Trois étés, trois époques (1991, 2001, 2011), trois histoires d'amour impossibles dans deux villages voisins des Balkans entre trois jeunes couples, interprétés tour à tour par les mêmes et excellents acteurs débutants : Tihana Lazovic et Goran Markovic !

Elle est serbe, lui est croate, ils vivent à la campagne dans un paysage idyllique au bord d'un lac serein où l'été invite à la paresse...

Quand la guerre s'installe (premier segment), la tendresse est assassinée par la violence aveugle, quand les ruines de la guerre sont encore fumantes (second segment), le désir est plus fort que la haine, quand la guerre s'éloigne mais que la mémoire est tenace (troisième segment), le pardon frappe à la porte du souvenir !

Un film à voir pour ces deux jeunes acteurs dont le jeu est d'un naturel confondant et pour les seconds rôles tout aussi bien campés : la mère, le père, l'ami d'enfance...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Five" : un film léger dans l'air du temps de la démerde !

Igor Gotesman invite dans sa comédie des acteurs de grand talent : Pierre Niney, délicieux Samuel dont le riche papa paie sans le savoir la colocation des five trentenaires et François Civil, ami malicieux et fumiste régressif total !

Les tribulations de ce quintuor de célibataires colocataires sont par moment franchement désopilantes même si leur inconscience les jette dans les pattes d'un vrai dealer qui, lui ne plaisante pas !

A voir pour Pierre Niney et pour la bonne humeur qui se dégage de la cohabitation de ces potes "depuis la maternelle" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Kaili Blues" : un film étrange aux accents poétiques !

Bi Gan, jeune réalisateur de 27 ans qui signe ici son premier film, nous immerge dans la Chine d'aujourd'hui - entre paysages désolés et habitations déglinguées, comme suspendue entre la terre immuable et la montagne au loin qui signe les paysages, en compagnie de personnages quasiment mutiques qui continuent à vivre malgré tout...

Il nous raconte l'histoire d'un médecin prénommé Chen qui sort de 9 ans d'emprisonnement pour avoir servi dans les triades afin de trouver l'argent nécessaire pour soigner sa jeune épouse malade...

Il exerce son métier dans la brumeuse ville de Kaili dans la province de Guizhou aux côtés d'une vieille doctoresse et s'occupe de son neveu Weiwei qu'il aimerait adopter...

Quand Weiwei est vendu par son bon à rien de père, il décide de partir à sa recherche...

Sur la route, il traverse un étrange village Dangmai où tentent de survivre quelques jeunes femmes courage...

Le temps s'étire sans début ni fin, comme une immense journée que le manque de sommeil rendrait onirique... et ouvrirait sur une fenêtre d'espoir comme un joli paysage de rizière qui s'éloigne...

Un film pour mieux comprendre la Chine ?

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