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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur coréen Lee Chang-dong s'est inspiré de la nouvelle d'Aruki Mirakami Les granges brûlées (elle-même adaptée d'une oeuvre de William Faulkner) pour dénoncer la colère des jeunes coréens du Sud impuissants face à la montée du chômage...

Il nous raconte l'histoire d'un trio amoureux : Jongsu (Yoo Ah-in), coursier de son état rencontre par hasard à Séoul la ravissante Haemi (Jeon Jong-seon), originaire de son village...

Quand Jongsu va chercher Haemi qui revient d'un voyage en Afrique, elle lui présente un jeune et riche oisif Ben (Steven Yeun) qu'elle a rencontré sur place...

Désormais le trio ne se quitte plus et chacun va chercher à percer plus ou moins le mystère de l'autre : Haemi s'endort à tout bout de champ, Jongsu tente de sauver son père de l'emprisonnement, Ben avoue brûler des serres : une tous les deux mois !

Lorsque Haemi disparaît brutalement, le film devient thriller et la caméra filme l'opposition grandissante entre les deux hommes !

Les images distillent lentement le mal être de ces jeunes gens pauvres ou fortunés sans nous donner la clé du mystère qui entoure les personnages... 

"Burning" est rentré bredouille de Cannes malgré des critiques dithyrambiques et j'avoue avoir moi-même du mal à dire si j'ai apprécié ou non le film qui déroute par sa lenteur, l'apathie de ses protagonistes, par ses non dits et ce jusqu'à la fin !

 

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Alex Lutz a eu l'idée de créer le personnage de Guy Jamet, chanteur des années 70 qui décide de sortir un album de reprises et de partir en tournée à travers la France...

Gauthier, un jeune journaliste à qui sa mère mourante a révélé que Guy serait son père, approche ce dernier en lui proposant de réaliser un portrait documentaire, ce que le chanteur accepte...

Alex Lutz se grime avec talent pour incarner ce yéyé septuagénaire qui égrène ses souvenirs...

Si l'idée est bonne, le film est malheureusement inutilement bavard - Guy n'a rien à nous dire d'intéressant !

La bande son entièrement composée pour le film est indigente et la retransmission des concerts n'en finit plus de nous lasser... 

Cette fausse idole fait toc à côté des vrais artistes de cette génération qui nous ont accompagnés depuis de nombreuses années : vivent Johnny, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell !

Les critiques s'accordent pour dire que le jeu d'Alex Lutz est époustouflant de vérité : j'ai trouvé pour ma part qu'il nous offrait la caricature d'un vieux con !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques parlent de Tarantino, de farce à l'italienne, de renouveau du film de banlieue...

Romain Gavras qui s'est fait un nom en signant des clips percutants, s'essaie ici au film de gangsters...

Il nous raconte l'histoire de François (Karim Leklou) un petit loubard, dealer de banlieue et de la bande de crétins qui l'entourent...

Etouffé par sa mère (Isabelle Adjani déjantée en mère abusive), encombré  par son ex beau père qui sort de prison et voit des complots partout (Vincent Cassel complètement abruti), François rêve d'un petit business tranquille...

L'action démarre en région parisienne et se poursuit sur la Costa Blanca à Benidorm, ville boursouflée qui dépasse Las Vegas en vulgarité et en violence débile...

Vous ne le croirez pas mais le pied nickelé François va finir par gagner son indépendance et retrouver son amour de jeunesse ! 

Au secours...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Spike Lee a décroché le Grand Prix à Cannes avec cette adaptation du livre de mémoires de Ron Stallworth paru en 2006 - et c'est bien mérité !

Le scénario mêle habilement l'aspect documentaire "histoire vraie", l'humour farceur pour dénoncer le racisme anti-noir et anti-juif et la fiction, puisque le second personnage du film Patrice Dumas (Laura Harrier), égérie du Black Power dont Ron tombe amoureux, est inventé !

C'est John David Washington, le fils de Denzel Washington qui interprète avec brio le rôle principal de Ron, ce premier officier de police noir engagé dans la police de Colorado Springs au début des années 70...

Accueilli avec scepticisme par ses chefs et harcelé par les agents les moins gradés du département, Ron décide de frapper un grand coup en tentant d'infiltrer le Ku Klux Klan 

Face au succès de ses premières prises de contact téléphoniques, il se voit obligé de déléguer Flip Zimmerman (Adam Driver), son collègue certes blanc mais juif pour une première rencontre physique !

Alternant les scènes dans le commissariat, les réunions du mouvement Black Power et les conciliabules haineux des membres de la cellule locale du KKK, le film recèle de très beaux moments comme l'intervention d'un vieil homme incarné par le toujours magnifique Harry Belafonte 91 ans, relatant le lynchage insoutenable de Jesse Washington qui, en 1916, fut émasculé, carbonisé et pendu à un arbre !

Quand à la fin du film le réalisateur nous montre des images des manifestations d'extrême droite  de Charlottesville en 2017,  on est bien obligé de regretter que la parole des noirs scandant que Black is beautiful ne semble plus guère partagée aujourd'hui aux USA, du moins par les électeurs de Trump !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La documentariste Anne Alix a choisi de dénoncer la violence du capitalisme ordinaire en nous montrant la dimension profondément humaine de celles et ceux qui constituent "la France d'en bas" !

Ce road movie associe Irma et Dolores, deux personnages de femmes aussi dissemblables que possible dans les paysages non touristiques de la Provence de la plaine de la Crau entre Avignon et l'étang de Berre...

Irma (sensible Bojena Horackova), une quinquagénaire bulgare qui vient de perdre son compagnon français, décide de faire le voyage à Avignon qu'ils avaient projeté de réaliser ensemble...

De son côté, Dolores (épatante Lola Duenas), une quadragénaire espagnole libre et sensuelle  sillonne la région pour écrire un guide "gay friendly" !

Dolores repêche au sens propre du mot Irma et l'emmène à la rencontre de cette région portuaire et industrielle où vivent comme à l'écart du monde réel, un berger qui ne parle pas français, une patronne de bar medium, des ouvriers soudeurs fiers de leur métier, l'équipe E.S.P.R.I. qui cherche à filmer l'invisible...  

Au contact de Dolores et des personnages qu'elles rencontrent incarnés par "des vrais gens", Irma reprend peu à peu goût à la vie et nous sourions devant ce duo improbable qui fait naître tant de bienveillance autour de lui !

Oui il se passe bien quelque chose dans ce film et ce quelque chose parle à chacun de nous !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur allemand Thomas Stuber s'est inspiré d'une nouvelle de 25 pages de Clemens Meyer pour nous raconter l'histoire de Christian (formidable Franz Rogowski) qui vient de se faire embaucher dans un magasin de hard discount posé au bord d'une autoroute à la frontière entre les deux ex-Allemagnes !

Le jeune homme taiseux se fait vite adopter par Bruno (tout aussi formidable Peter Kurth), son responsable du rayon boissons et tombe éperdument amoureux de Marion (délicieuse Sandra Hüller), la responsable du rayon confiserie...

Posé en ces mots, le pitch peut faire fuir mais le spectateur est captivé malgré lui par le destin désespérément ordinaire du personnel de cet entrepôt dont tous les employés sont attachants et surtout par la narration à petites touches de la survivance de la solidarité ouvrière qui leur sert à tous de famille !

Un film à ne pas manquer pour se souvenir que les plus jolis moments sont parfois faits de tout petits riens !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le jeune réalisateur Dong Yue a voulu nous parler de la Chine des années 90 qui a connu des bouleversements avec la rétrocession de Hong Kong en 1997 et la fermeture de grands sites industriels obsolètes...

Yu Guowei (formidable Duan Yihong) est responsable de la sécurité dans une grande aciérie de la province de Yunan...

Cette année là, l'hiver est particulièrement rigoureux et il ne cesse de pleuvoir ou de neiger...

Les ouvriers tels des fourmis dans des décors post-apocalypse tentent de survivre tant bien que mal mais le désespoir engendre son lot de crimes... 

Le héros va se sentir pousser des ailes quand il décide d'aider la police à rechercher le tueur en série de jeunes femmes...

Il se sent soudain utile et prend tous les risques dont celui d'utiliser Yanzi (ravissante Jiang Yiyan), une amie qu'il sort de la prostitution pour mieux l'exposer à l'assassin présumé !

Le malheur s'invite dans la tête de tous les protagonistes, policiers y compris et la couleur grise omniprésente nous fait douloureusement réfléchir sur "les vestiges inutiles d'une nation glorieuse"...

Un beau film à voir un jour où le soleil brille !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'ai beaucoup hésité avant d'aller voir le film de Quentin Dupieux et je ne l'ai pas regretté !

Le scénario joue malicieusement avec l'absurde, les dialogues sont inventifs et les deux acteurs principaux : Benoit Poelvoorde dans le rôle du commissaire Buron et Grégoire Ludig dans celui de l'accusé sont excellents !

Le film est court (malgré quelques longueurs) mais sait nous tenir en haleine jusqu'à la fin complètement inattendue !

Ce n'est certes pas à la hauteur de Buffet froid en termes de comique de situation mais les personnages secondaires sont également bien campés : Anaïs Demoustier à contre emploi dans la peau d'une fliquette obtue et Marc Fraize dans celle de l'adjoint borné, borgne et maladroit...

Une comédie plaisante pour l'été !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan nous parle de son pays à travers les différents personnages de son film...

Sinan (minéral Aydin Dogu Demirkol) est le fils d'Idris, un instituteur bavard que plus personne n'écoute et qui n'est pas respecté dans sa ville de la région des Dardanelles car il joue aux courses de façon compulsive et se tire de toutes les situations difficiles par un petit rire grinçant...

Sinan qui vient de finir ses études pour devenir à son tour instituteur, revient dans sa ville natale où il doit retrouver sa place dans sa famille, affronter les voisins qui ont prêté de l'argent à son père endetté jusqu'au cou et renoncer à son amour de jeunesse qui a décidé de se ranger en épousant un riche commerçant...

Sinan a écrit un livre Le poirier sauvage...  mais le livre ne trouve pas d'éditeur...

Sinan se sent différent... Il se cherche, hésite à devenir instituteur, écrivain, ou policier comme un de ses amis, rejoint son père dans la ferme de son grand-père...

Durant un peu plus de 3 heures, le réalisateur nous fait participer à la quête de Sinan dont le destin s'affine au fur et à mesure de ses rencontres et de ses marches dans la campagne...

Le film est long, très long, bavard... mais la fin est magnifique et nous parle de filiation !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour a voulu célébrer la figure féministe de Mary Shelley...

La reconstitution est parfaite : décors, costumes, rien ne manque...

Mais, malgré l'intention, le scénario reste très convenu dans le choix des scènes...

Mary Shelley est en effet un beau personnage qui se bat pour faire reconnaître son statut d'auteur de génie dans un XIXe siècle corseté et misogyne...

Quelque soit le talent d'Elle Fanning qui illumine le film par sa seule présence, les autres personnages à savoir Percy Shelley lui-même, Lord Byron et la demi-soeur de Mary sont campés de façon trop conventionnelle pour soutenir l'attention du spectateur durant 2 heures !

Seul autre acteur à sauver du casting :  Stephen Dillane qui interprète Monsieur Godwin, le  père de Mary, très moderne dans sa conception de l'amour et dans son respect de la création féminine  !

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