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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Louis-Do de Lencquesaing, dont c'est le deuxième long métrage, nous parle de famille, de naissances, de sentiments avouables ou moins avouables... et d'enterrements...

Dans cette famille aristocratique  un peu déjantée, il interprète Jean, le père anthropologue de son état, réputé grâce à sa théorie sur les anguilles !?

Nommé ministre de la Famille, il doit gérer la sienne qui part dans tous les sens entre sa mère : Marthe Keller formidable qui doit recueillir sa propre mère de 91 ans - son épouse Marie (Léa Drucker) qui partage son temps entre Paris et Tanger et finit par lui avouer qu'elle est enceinte - ses deux filles dont l'aînée adoptée "se cherche", son frère Hervé (Thierry Godard) dont la femme attend également un enfant mais qui vient d'être largué par son amant, sans oublier Marie-Laure, sa troublante cousine (tout aussi formidable Laura Smet)...

La famille oscille au gré des épisodes entre les appartements parisiens et la maison de campagne qui doit être vendue, le ministère où Jean prend ses fonctions et la voiture de fonction, véritable sas entre la ville et les champs...

Un film attachant dont les petites touches impressionnistes nous parlent assurément : toutes les familles ont leurs secrets et leurs névroses qui les rendent à la fois étouffantes mais si nécessaires pour continuer à se sentir exister  !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Passionné par le livre éponyme de Martha Batalha, le réalisateur Karim Aïnouz a voulu rendre hommage à l'invisibilité des femmes "courage", telle sa mère qui l'a élevé seule...

Dans un climat tropical où il fait toujours trop chaud, deux sœurs Euridice (fascinante Carol Duarte) et Guida (formidable Julia Stockler) sont inséparables et rêvent pour la première d'une vie de pianiste et pour la seconde du grand amour...

Nous sommes dans les années 50 à Rio, dans une famille de la classe moyenne où le père boulanger de son état, règne en tyran sur sa femme et ses filles...

Quand Guida disparaît pour suivre un beau marin jusqu'à sa Grèce natale, Euridice est inconsolable et passera toute sa vie à rechercher sa sœur...

Nous suivons avec fascination et tendresse le destin de ces deux sœurs, qui tenteront chacune de survivre dans la société dramatiquement machiste de l'époque, l'une dans le système qui va peu à peu la briser, l'autre dans la clandestinité protégée par des complicités féminines...

Le film n'hésite pas à montrer la brutalité du désir des hommes qui ne reculent devant rien pour mieux asservir leurs partenaires... qui de leur côté tentent de se battre pour obtenir un début d'émancipation... 

Dommage que la fin de l'histoire (belle par ailleurs) arrive de façon un peu abrupte et vienne rompre un moment l'envoûtement !

Le film a été primé au festival de Cannes 2019 (Un certain regard) et le prix est bien mérité !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques se déchirent sur le dernier opus de Terrence Malick : ou il est porté aux nues ou il est descendu en flammes..

Je m'inscris clairement dans la deuxième catégorie !

Terrence Malick s'est emparé de l'histoire de Franz Jägerstätter, un paysan autrichien qui refusa de faire allégeance à Hitler, fut guillotiné en 1943 à Berlin et béatifié le 26 octobre 2007 !

Le sujet est passionnant mais le film beaucoup trop long (près de 3 heures), manichéen à l'extrême et noyé dans une bondieuserie qui n'échappe à aucun cliché ! 

Une belle figure de "résistance" gâchée par un scénario trop démonstratif !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par la nouvelle The way it came d'Henry James, Pascal Bonitzer a décidé de l'adapter et de s'essayer au genre fantastique...

Il nous raconte l'histoire improbable de Coline (Sara Giraudeau),une jeune pigiste qui se voit confier un article sur un peintre du pays basque qui aurait vu le fantôme de sa mère au moment de la disparition de celle-ci ?

Ce peintre un peu sauvage et très abrupt prénommé Simon, est interprété par Nicolas Duvauchelle qui en rajoute dans le genre "je suis différent donc je ne souris pas"

Evidemment Coline va tomber amoureuse de Simon mais comme elle n'est pas sûre d'elle, elle ne pense qu'à une chose : lui présenter Azar (Anabel Lopez), sa meilleure amie... tout en se révélant terriblement jalouse...

Aller retour entre Paris et les Pyrénées (paysages de brumes sublimes !), valse hésitation des personnages : j'y crois, j'y crois pas... il m'aime, il m'aime pas...

Nicolas Maury campe un homosexuel meilleur ami de Coline assez touchant...

Tout le reste, mises à part les images superbes de montagnes et de torrent, nous laisse sur le côté, pas du tout envoûtés mais perplexes : que nous dit ce film ?

Je n'ai toujours pas trouvé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eric Toledano et Olivier Nakache qui ont enchaîné les succès avec Intouchables, Samba et Le sens de la fête se sont, après de nombreuses années de mûrissement de leur projet, attaqués au délicat sujet de l'autisme...

L'idée leur en est venue en 1994 alors qu'ils étaient moniteurs de colonies et ont rencontré Stéphane Benhamou le président de l'association Le silence des justes qui s'occupe de l'accueil et de l'insertion de jeunes autistes dont le système ne veut plus ou ne peut plus s'occuper...

Les deux réalisateurs se sont immergés durant deux ans dans deux associations et ont fait leur casting au sein d'un atelier de théâtre qui permet aux autistes de trouver un terrain d'expression...

Ils ont confié les deux rôles principaux à Vincent Cassel (Bruno) et Reda Kateb (Malik) dont le duo fonctionne à merveille : un juif engagé dans sa communauté à la recherche de l'âme sœur et un musulman marié père de trois enfants...

Tous les acteurs à commencer par eux sont prodigieux mais les seconds rôles donnent toute la force au récit : Hélène Vincent (Hélène) mère de Joseph (Benjamin Lesieur) un jeune homme autiste fou de machines à laver et Catherine Mouchet émouvante et juste dans le rôle du docteur Monssin...

Toutes les anecdotes sonnent justes car elles reflètent le vécu de ces associations qui, en marge du système officiel et malgré les contrôles de l'IGAS, tentent d'offrir aux jeunes adultes ou aux cas les plus graves une structure qui leur permet de sortir de leur enfermement dans des établissements...

Hors normes est un film généreux, tendre et malicieux dont on sort les larmes aux yeux mais sans aucun pathos...

Je ne voulais pas aller voir ce film à cause du sujet mais j'avais tort ! Merci Adeline !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Edward Norton filme New-York comme les plus grands...

De Brooklyn à Harlem, des rues mal famées aux clubs de jazz où les trompettistes improvisent et jusque dans les quartiers huppés de Manhattan, nous suivons Lionel Essrog (Edward Norton formidable), à la poursuite des meurtriers de son mentor Frank Minna (Bruce Willis)...

Lionel Essrog est atteint du syndrome de la Tourette : agité par de nombreux tics, il ne peut maîtriser son cerveau qui lui fait proférer des jurons à tout bout de champ...

Mais Lionel, doté d'une intelligence nettement au-dessus de la moyenne et d'une mémoire infaillible est tenace et rien ne le fait reculer...

Il croisera sur sa route Moses Randolph (Alec Baldwin) un manitou tout puissant de l'immobilier et Paul son malheureux frère (Willem Dafoe) et surtout Laura Rose (magnifique Gugu Mbatha-Raw) dont il va tomber amoureux et dont il finira par comprendre le rôle exact dans toute cette histoire...

Nous sommes à New-York dans les années 50 et l'argent roi commence à grignoter inexorablement les quartiers des minorités ethniques pour accélérer leur gentrification...

L'époque est passionnante et annonce la nôtre... la reconstitution de l'atmosphère et des costumes de ces années là nous plonge dans la nostalgie de l'âge d'or du cinéma et Edward Norton est tout simplement touchant dans ce rôle complexe de grand maladroit qui tente d'être à la hauteur de celui qui l'a aidé à prendre sa place dans la société alors qu'il aurait pu rester une victime de son statut d'orphelin handicapé...

A voir pour New-York et pour Edward Norton qui à 50 ans réalise son second long métrage en adaptant le livre de Jonathan Lethem : Motherless Brooklyn !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Elia Suleiman nous offre un film à nulle autre pareil...

Il nous parle de son pays la Palestine...mais il nous parle également des pays occidentaux...

Coiffé de son éternel panama, le réalisateur incarne le rôle d'un candide qui regarde le monde et nous fait partager son étonnement...

Fatigué de l'omniprésence de la police dans sa ville de Nazareth et agacé par le manège de son voisin qui vient cueillir les oranges de son jardin comme s'il n'était pas présent, Elia Suleiman décide de s'envoler pour Paris où il débarque un 14 juillet au petit matin...

Quelle n'est pas sa surprise de voir des avions surgir au-dessus des maisons du Palais Royal et d'énormes chars défiler dans les rues désertes...

Accoudé à la rambarde de sa chambre d'hôtel, il observe l'étrange ballet de policiers en rollers ou en gyropode dans les rues désertes, une tournée du Samu qui tourne à la caricature administrative, d'autres policiers encore qui viennent avec le plus grand sérieux mesurer une terrasse de café avant de dicter leur rapport...

Le réalisateur nous offre quelques jolies scènes lorsqu'un espiègle moineau de Paris  vient picorer son ordinateur ou lorsqu'il est interpellé par deux touristes japonais qui croient reconnaître en lui Brigitte, leur hôte Airbnb ! puis rejoint New York où il a rendez-vous avec un producteur !

Dans un New York survolé en permanence par des hélicoptères, le cinéaste palestinien découvre avec stupeur que les caissiers et les consommateurs d'un supermarché sont tous armés et assiste avec la plus grande stupéfaction à la traque d'un ange par une escouade de policiers dans les allées de Central Park...

Dérouté par l'accueil qui lui est réservé : jugé soit trop palestinien soit pas assez, Elia Suleiman reprend l'avion pour Nazareth où il retrouve son voisin chapardeur...

Une jolie parabole sur l'image de la Palestine dans le monde, sur la paranoïa des pays occidentaux qui ont "importé" les mesures contre la violence qui constitue le quotidien du Moyen Orient, un espoir aussi dans le renouveau incarné par la jeunesse palestinienne !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Dominik Moll adapte à l'écran le roman éponyme de Colin Niel...

Cinq personnages écrivent cinq chapitres qui s'emboîtent et viennent se compléter pour éclairer les raisons de la disparition mystérieuse d'une femme dans le Causse Méjean (au sud du Massif central)...

Le ton est donné dès les premières images : nous sommes en plein hiver sur un plateau enneigé où les paysans isolés tentent de survivre avec leurs bêtes...

Michel (Denis Ménochet impressionnant comme à son habitude) est agriculteur - il vit avec sa femme Alice (formidable Laure Calamy), assistante sociale et supporte mal le père de celle-ci qui le tient pour un minable

Alice rend souvent visite au taiseux Joseph (Damien Bonnard impressionnant de vérité) qui ne se remet pas du décès de sa mère et préfère la compagnie de son chien à toute sollicitude humaine...

La parisienne Evelyne (Valeria Bruni Tedeschi dans un rôle à sa mesure) est attirée par Marion (formidable Nadia Tereszkiewicz), une serveuse de restaurant qui lui déclare son amour et se met à la harceler...

Quand Evelyne disparaît, le gendarme Cédric (Bastien Bouillon) parcourt les routes enneigées pour tenter de comprendre...

L'enquête quitte les Causses pour plonger dans la foule grouillante d'Abidjan où des jeunes gens désœuvrés tentent de gagner beaucoup d'argent en montant des cyber-arnaques...

Le spectateur se pique au jeu de la traque en écoutant les récits des cinq protagonistes qui aiment tous la mauvaise personne...

Le film nous parle de l'isolement et la misère sexuelle des agriculteurs des campagnes françaises et plus largement du besoin d'amour éperdu de chacun au risque de se perdre...

On en ressort à la fois captivé et sonné par la violence sourde qui parcourt notre époque de solitude hyper connectée !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Robert Guédiguian nous emmène de nouveau à Marseille mais quitte l'Estaque pour nous plonger dans les nouveaux quartiers (La Joliette) ou les quartiers entre deux (Plombières)...

Le film commence par de très jolies scènes sur la naissance de Gloria dans une famille recomposée : la mère Mathilda (Anaïs Demoustier) qui passe de CDD en CDD, le père Nicolas (Robinson Stévenin) qui tente de gagner sa vie en chauffer Uber, la grand-mère Sylvie (Ariane Ascaride) qui se tue au travail de nuit comme femme de ménage et le nouveau mari de celle-ci Richard (Jean Pierre Darroussin) qui est conducteur de bus...

Le ton est donné dès qu'apparaissent à la maternité Aurore (Lola Naymark), la demi-sœur de Mathilda et son compagnon Bruno (Grégoire Leprince Ringuet)...

Par petites touches, le cinéaste nous fait partager la vie de ces "déclassés" qui se battent pour rester debout, opposant au premier cercle l'arrivisme forcené du couple Aurore / Bruno qui n'envisage pas un instant d'aider Mathilda et Nicolas que le mauvais sort poursuit...

Il nous parle de la générosité des anciens : Sylvie et Richard mais aussi et surtout de Daniel (Gérard Meylan) le premier mari de Sylvie et le père de Mathilda qui, à peine sorti de 20 ans de réclusion, fera tout pour aider ceux qui sont dans le besoin...

Il nous parle également de la précarisation de la jeunesse dans un univers instable, dissocié et violent où les individus n'hésitent pas à trahir pour satisfaire leurs pulsions individuelles...

Des acteurs tous formidables de vérité ! Une réussite !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mais ne nous convainc pas !

Il nous raconte en flash back l'histoire du crime organisé entre 1950 et 1970 en évoquant les souvenirs de deux anciennes figures de la mafia : l'homme de mains Franck Sheeran (Robert de Niro) et le parrain de la famille Northeastern Pennsylvania Russell Bufalino (Joe Pesci)...

C'est Russell Bufalino qui a fait la carrière du petit escroc Franck Sheeran auquel il confia notamment la mission de garde du corps auprès de Jimmy Hoffa (Al Pacino), le célèbre patron du syndicat des camionneurs...

Le réalisateur nous immerge par le menu dans les luttes intestines entre familles rivales, donne sa version de la mystérieuse disparition de Jimmy Hoffa  et flirte avec l'analyse politique en évoquant l'élection et l'assassinat de Kennedy...

Mais le récit trop linéaire, le maquillage outrancier des protagonistes et notamment celui d'Al Pacino particulièrement gratiné au point d'en être quasiment méconnaissable, nous laissent de marbre

Le caractère des personnages est trop univoque, pas assez fouillé pour réellement nous passionner ; sans parler de de Niro dont l'attitude servile et obéissante ne laisse aucune place au doute (en tout cas en apparence)... 

En résumé aucune tension dramatique dans ces 3 heures 30, ce qui est le comble pour un film sur la mafia !

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