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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

El buen patron, le 13ème film du réalisateur espagnol Fernando Leon de Aranoa a été récompensé par six Goya, l'équivalent des César, pour les catégories suivantes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario, meilleur montage et meilleure musique !

Juan Blanco (formidable Javier Bardem), héritier quinquagénaire d'une PME de balances, a décidé de mobiliser tout son personnel pour que son entreprise remporte un convoité prix local d'excellence industrielle...

Hélas, durant cette semaine "horribilis", tout semble se liguer contre le patron qui doit faire face à un ex-employé viré qui campe devant l'usine en protestant bruyamment, réconforter le responsable de la production (Manolo Solo) qui, déprimé par l'infidélité de sa femme, multiplie les erreurs de commande et met en danger la chaine de fabrication, déjouer les agissements d'une stagiaire sexy interprétée par la malicieuse Almudena Amor..

Le très habile scénario traite sur le ton de la comédie une multitude de thèmes relatifs à la gestion d'une entreprise familiale et de ses employés : la fidélité transgénérationnelle, le licenciement, le patriarcat, la place des immigrés, la distribution des gratifications selon le bon vouloir de la Direction...

Si Javier Bardem est de tous les plans et crève l'écran, il laisse toutefois la place aux autres personnages du film qui constituent autant de figures subtiles et évocatrices d'un cruel microcosme économico-familial : le gardien de l'usine, le vieux et fidèle ouvrier, les épouses des protagonistes dont la femme de Blanco qui, volontairement ou non jette les bases d'une hilarante séquence finale !

Une critique toute en finesse des faux semblants du paternalisme !

Une belle leçon de cinéma !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Pierre, Louise et Jules Gauthier se réunissent à la demande expresse de leurs parents dans la maison familiale...

Les deux frères et la sœur s'interrogent et s'inquiètent de cette soudaine convocation : leur père ou leur mère seraient-ils gravement malades ou les deux ?

L'aîné chef d'entreprise et père de deux enfants, la n°2 éternelle étudiante en médecine qui vit avec son chat Jean Pierre, le petit dernier qui tente de gagner sa vie en faisant des critiques et apporte toujours son linge sale chez papa/maman se retrouvent avec plaisir, échafaudent des hypothèses, se confient...

Quand ils comprennent que leurs parents vont bien et même très bien puisqu'ils ont décidé de s'installer au Vietnam pour créer un orphelinat, chacun réagit à sa façon, interroge le pourquoi et le comment, se fâche, revendique, se campe dans la posture qu'il occupe depuis l'enfance...

Sacrée Meilleure Comédie aux Molière 2022, la pièce écrite et interprétée par Emmanuel Patron (Pierre) est enlevée, amusante, pleine de rebondissements et évite les sujets caricaturaux de l'époque si ce n'est un léger racisme sous-jacent à l'égard des asiatiques...

Les acteurs talentueux font rire une salle pleine à craquer où jeunes et moins jeunes se reconnaissent peu ou prou dans les sentiments, les jalousies, les regrets,  la soif d'argent, les non-dits et l'obligation de réussite sociale - partagés par les membres du traditionnel cercle familial !

Si vous souhaitez prendre un verre ou croquer un morceau avant le spectacle, oubliez le foyer réservé aux seuls spectateurs de Les Producteurs,  la dernière pièce à succès d'Alexis Michalik qui se donne également au Théâtre de Paris !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Michel Leclerc retrouve dans ce film ses sujets de prédilection comme les relations entre les différentes classes sociales et l'héritage familial mais surtout il a pu s'adonner à sa passion pour la musique puisqu'il a lui même écrit les textes de toutes les chansons et la musique de deux d'entre elles...

Il nous raconte l'histoire de Marcia (formidable Rebecca Marder), jeune chanteuse au profil de Pomme qui a l'ambition de composer un album avec Daredjane : Judith Chemla méconnaissable dans les deux âges de la vie d'une vieille gloire du rock...

Enfermées dans l'appartement musée de Daredjane dans l'île Saint-Louis, les deux chanteuses s'apprivoisent et se complètent dans des morceaux aux accents nostalgiques et acidulés...

Lorsque Daredjane usée par les excès décide de disparaitre, Marcia se retrouve face à Anthony (Félix Moati caricatural), héritier ayant droit de sa grand-tante qu'il déteste sans la connaître, par tradition familiale...

Tout oppose la délicate Marcia qui vit sur une péniche avec Ivry sa conjointe sculptrice et le beauf Anthony, placier dans un marché de la périphérie parisienne qui se déhanche sur la musique de DJ survoltés entre deux scènes de lit...

Alignant les clichés, le film avance cahin caha entre enregistrements en studio, rendez-vous avec les responsables de la SACEM ou avec les agences de pub qui souhaitent exploiter le catalogue de Daredjane et d'improbables scènes "romantiques" entre les deux héros...

Heureusement que Rebecca Marder est ravissante et chante bien sinon l'ennui serait total !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par les exhibitionnistes émotionnels, le réalisateur suédois Magnus von Horn qui vit aujourd'hui en Pologne, s'est inspiré d'un profil découvert sur Instagram pour réaliser son film...

N'ayant pas réussi à joindre la jeune femme, coach sportive et influenceuse, dont il voulait raconter l'histoire, il a confié le rôle de Sylwia à la lumineuse actrice Magdalena Kolesnik qui s'est formée au cardio-training et s'est pliée au jeu des réseaux sociaux dont elle n'était pas coutumière...

On la découvre coiffée d'une queue de cheval, moulée dans un justaucorps rose fluo et équipée d'un micro, en démonstration devant une foule enthousiaste de gymnastes amateurs qu'elle coache d'une voix bienveillante et énergique...

C'est le succès pour Sylwia qui poste chaque jour pour ses 600 000 followers des vidéos d'elle : se préparant une boisson énergisante ou se réveillant au rythme d'une tonique chorégraphie...

Sylwia vit seule avec son chien et sa journée est rythmée par une discipline d'enfer car elle se doit de ne pas décevoir...

Habilement, le film nous fait découvrir au détour de chaque scène le revers de la médaille de la notoriété : Sylwia est accueillie par les flashs quand elle se rend dans une boîte de nuit mais elle se retrouve seule sur le dance floor... Ses followers lui envoient des likes mais elle est harcelée par un horrible bonhomme qui a décidé de squatter son parking pour mieux se rapprocher d'elle... Elle se prépare pour l'anniversaire de sa mère pour que tout soit parfait mais ce faisant, elle accentue le décalage qui s'est créé entre elles...

Loin de dénoncer les réseaux sociaux dont il illustre le côté inclusif et la vacuité existentielle, le réalisateur nous attache aux pas de Sylwia qui se montre tour à tour superficielle et profonde, adulée et désespérément seule, distante, maladroite mais humaine, si humaine...

A voir assurément malgré quelques longueurs et une scène aux urgences un peu trop démonstrative !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Brillamment adaptés et subtilement interprétés par Hervé Briaux au théâtre de Poche Montparnasse, les écrits de Michel de Montaigne sont puissamment et étonnamment contemporains !

Quand retiré dans sa bibliothèque, l'écrivain nous parle de la place de l'Homme dans l'univers aux côtés des animaux et des végétaux... ou philosophie sur les thèmes éternels de l'amitié, de l'amour, de la vieillesse ou de la mort...

Dans une mise en scène sobre et originale, le texte nous interpelle, nous fait sourire, nous séduit... comme pourrait le faire un brillant éditorial du XXIe siècle...

"Je propose des idées informes et incertaines, Non pour établir la vérité mais pour la chercher, Nous sommes naturellement faits pour chercher la vérité, La posséder appartient à une plus grande puissance, Le monde n'est qu'une école de recherche, Et ce n'est pas à qui atteindra le but, mais à qui fera la plus belle course."

A méditer !

Un authentique moment de théâtre qui donne envie de relire ou de découvrir Les Essais !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après leur critique du monde littéraire dans Citoyen d'honneur (2016), les deux réalisateurs argentins Mariano Cohn et Gaston Duprat s'attaquent au milieu du cinéma pour en traquer les faux semblants...

Humberto Suarez, un vieil homme d'affaires milliardaire en mal de reconnaissance, décide de faire un film pour laisser une empreinte dans l'Histoire. Il engage alors les meilleurs : la célèbre cinéaste Lola Cuevas (magistrale Penelope Cruz), la star hollywoodienne Félix Rivero (Antonio Banderas) et le comédien de théâtre radical Ivan Torres (Oscar Martinez)...

Pour adapter le livre dont Humberto a acheté les droits à prix d'or et pour réussir à faire jouer ensemble les deux acteurs que tout oppose, Lola se lance dans des répétitions avant d'entreprendre le tournage à proprement parler...

Structuré autour de chacune de ces répétitions qui se succèdent de manière quasi autonome avec leur propre conclusion, le film constitue un cours magistral sur la manière dont un réalisateur et des comédiens "construisent" l’émotion du spectateur...

Dans un immense bâtiment futuriste quasiment vide, l'excentrique Lola impose sa vision de la création artistique à un Félix plutôt coutumier du cabotinage et à un Ivan qui a du mal à se défaire de son attitude professorale...

Malgré quelques moments de bravoure, le film peine à trouver son rythme et paradoxalement à faire naître l'émotion...

On passe un moment plaisant, on regarde avec amusement ces trois bêtes de scène mais on reste à l'extérieur du projet comme s'il ne s'adressait qu'à des professionnels de l'industrie cinématographique...

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